Mes coups de coeur

 

ROGER de LOOZE


Roger de Looze, né à Mons, le 3 septembre 1922 et décédé accidentellement à Gaurain-Ramecrois le 10 mai 1961 a été élu pour la première fois conseiller communal de la Ville de Mons, lors des élections du 12 octobre 1952,. Dés le 30 janvier 1953 il est élu par les conseillers communaux montois : échevin de l’Intérieur.
Réélu à cette fonction, le 12 octobre 1958, il démissionne le 28 octobre 1960, car nommé par le Roi en qualité de Ministre sous-secrétaire d’Etat à l’Energie.
Roger de Looze, a reçu à titre posthume du Collège de la Ville de Mons, la plus haute distinction : la plaquette d’honneur. (À sa mort seulement deux personnalités l’avaient obtenue).
 


En 1977, la première année de mon élection comme conseiller communal de la Ville de Mons, j’inscris à l’ordre du jour du Conseil communal : « dénomination d’une rue de Mons portant le nom de Roger de Looze »

Le 20 septembre 1977 (il n’y a pas d’erreur de date), le Chef de bureau L. Faignard, par délégation «sous le règne » du bourgmestre » Abel Dubois, m’écrivait :

« Monsieur le Conseiller,

Comme suite à votre lettre du 13 septembre 1977, nous avons l’honneur de porter à votre connaissance que nous nous sommes penchés sur le problème de dénomination d’une nouvelle voirie en vue de lui donner le nom de « Rue Roger de Looze ».
Nous restons attentifs à votre demande et vous signalons que cette formalité pourra être effectuée lors de l’octroi de nouvelles dénominations à certaines rues, dans le cadre de la fusion actuelle.
Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant du suivi de cette affaire.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Conseiller, l’assurance de notre considération distinguée. »


Il a fallu que j’attende 27 ans pour obtenir satisfaction :
Le 3 octobre 2004, après divers rappels, ma persévérance fut récompensée, je pouvais inaugurer à Mons une « Place Roger de Looze » !




Inauguration de la « Place Roger de Looze », le 03 octobre 2004 : en présence de la famille Roger de Looze, voici le discours que très ému, j’ai prononcé :

« Je salue tout d’abord la présence de celle qui fut Madame de Looze, je salue aussi ses enfants et les prie de croire à mon plus profond respect, Madame de Looze qui toute jeune a perdu son mari… et ses enfants qui, en bas âge, ont perdu leur père.
Ses enfants, que Omer Vanaudenhouve, Président du Parti Libéral de Belgique, a demandé aux Libéraux, à la mort de leur père, de les considérer comme les enfants du Parti.
- Monsieur le Bourgmestre, Merci, vraiment Merci…
- Chers Membres du Collège et chers collègues du Conseil communal,
- Mesdames, Messieurs,
- Et surtout chers amis, chers amis Libéraux,

Permettez-moi tout d’abord d’excuser les personnalités qui me l’ont demandé :

Monsieur Antoine Duquesne, Président du MR,
Monsieur Michel Tromont, Gouverneur honoraire,
Monsieur Albert Deprez, Président du conseil provincial du Hainaut,
Et Monsieur Henri Blondeau, Président de l’association communale du MR, qui a récemment subi une intervention chirurgicale.

Après et à côté de nombreuses personnalités Libérales qui ont construit la Ville de Mons et laissés leur nom à des endroits de cette ville comme :

Hubert Dolez, un des fondateurs du parti Libéral,
Henri Sainctelette,
Fulgence Masson, protecteur de la petite enfance,
Jean Lescart,
Et bien entendu, Victor Maistriau, qui considérait Roger de Looze comme son fils,
Il y a, désormais aussi une Place Roger de Looze, que nous inaugurons ce jour.
Mon émotion est intense, en effet il y a 27 ans que j’attends cela !
Il y a 27 ans… , en 1977, la première année où j’ai été élu conseiller communal de notre Ville, j’avais d’emblée fait inscrire ce point à l’ordre du jour du conseil et je n’ai pas manqué de rappeler ma demande.
Le Bourgmestre feu Abel Dubois, m’avait fait savoir, qu’il estimait beaucoup Roger de Looze, qu’il avait côtoyé sur les bancs du conseil, mais qu’il fallait trouver un endroit de la Ville de Mons digne de son nom, c’est maintenant chose faite :
merci à l’actuel Collège des Bourgmestre et Echevins.
Roger de Looze, décédé dans un tragique accident de voiture à l’âge de 39 ans, constitue à Mons, un cas unique de ferveur populaire unanime, d’émotion, de tristesse, de chagrin et de regret à l’annonce de son décès, du décès d’un jeune homme politique plein de promesses.
Partout, partout… même en Flandre, c’est la consternation.
Roger de Looze est regretté par tous, par tous… quelles que soient les idées et l’appartenance politique !
À Mons, de mémoire de montois, jamais l’on avait ressenti une telle émotion !
Au balcon de l’Hôtel de Ville, les couleurs nationales et montoises sont en berne, et pendant que le carillon du beffroi sonne le glas, des milliers de personnes lui rendent un dernier hommage
Le conseil communal est convoqué avec un seul point à l’ordre du jour :
« Hommage à Roger de Looze »
Cette unanimité est d’autant plus étonnante qu’à l’époque, 1961, le clivage entre les partis politiques est nettement plus exacerbé, l’on sort de la guerre scolaire et des grèves de 1960.
Or, le représentant du Parti Social Chrétien, déclare :
« Roger de Looze emplissait Mons de son activité et y répandait la joie de vivre, il ne comptait que des amis »
Le Premier ministre social Chrétien Théo Lefèvre déclare :
« La ligne de conduite de Roger de Looze était toute de pureté »,
propos qui furent repris par de nombreux quotidiens.
Nous venons d’entendre les propos du Bourgmestre Léo Colart… Léo Colart, extrêmement ému a peine à déclarer :
«Tu étais un adversaire, jamais un ennemi, il n’est personne à qui tu aies fait du mal, Mons perd un de ses fils les plus chers.
Pour nous, le temps pourra atténuer la douleur, le souvenir jamais »
En effet, 43 ans après la mort de Roger de Looze, le souvenir est toujours là, vous en témoignez.
Depuis 43 ans, je sais, je sais… que le souvenir de Roger de Looze est bien présent, présent dans le foyer d’anciens libéraux, ils en parlent souvent, et sa photo est même parfois, depuis tout ce temps accrochée à leur mur !
Ce visage souriant est là, comme un coin de lumière, il est là comme le déclarait le Président du Parti Libéral Omer Vanaudenhove, comme pour :
« Acheter par sa seule présence, bien des laideurs de l’existence, de lâchetés, des mensonges »
Et maintenant, maintenant… nous pouvons savoir, nous pouvons savoir que ce souvenir, ce souvenir lorsque « nos anciens » auront disparus, lorsque nous aurons disparus, ce souvenir restera gravé…
gravé… dans cette plaque, sur cette Place dédiée à Roger de Looze et que dès lors le nom de Roger de Looze, restera aussi, à jamais gravé dans la mémoire collective des montois.
- Le 30 janvier 1953, Roger de Looze est installé au conseiller communal de la Ville de Mons et au Collège, dont il est le benjamin.
Roger de Looze rayonne, il est omniprésent par ses interventions et son travail, il brille et surtout, et surtout… son souci des autres est permanent.
Roger de Looze est l’incarnation d’un Libéralisme ouvert, d’un Libéralisme tolérant, d’un Libéralisme fraternel.
Souvent, mes amis, je dis que l’expression « Libéralisme social » est un pléonasme, Roger de Looze nous l’a prouvé.

- À Mons, la grande œuvre de Roger de Looze c’est l’Hôpital Saint Georges, l’Hôpital Saint-Georges tel que nous le connaissons et devenu l’Hôpital Ambroise Paré.
Dans les années 50, Roger de Looze est le responsable de la Commission d’Assistance Publique, devenu CPAS.
En bon gestionnaire il vend des terres léguées à la Commission d’Assistance Publique afin de construire un Hôpital moderne.
En outre, il signe une convention avec l’Université Libre de Bruxelles afin d’avoir un personnel scientifique de valeur supérieur et surtout au service de tous les montois.
Ainsi, en 1954, au conseil communal de la Ville de Mons, Roger de Looze déclare :
(Je cite) : « Si la Commission d’Assistance publique a des terres maintenant, c’est parce que des gens généreux, dans le passé ont donné des terres, non pour en faire de l’Assistance Publique aux plus riches du royaume, mais pour soulager les misères.
Je suis persuadé que les bienfaiteurs préféreraient voir leurs terres et leurs arbres convertis en Hôpital »
Roger de Looze, déclare qu’il veut un Hôpital ouvert à tout malade et à tout médecin qui veut y venir et que le principe doit être :
(Je le cite) « L’admission de tous les malades avec une priorité aux indigents, les malades graves indigents et traités en salle commune, pourront sur avis du médecin être transférés en chambres séparées sans supplément » (…)
« Cela me paraît, tout à fait humain. Il faut isoler ceux qui ont besoin de soins particuliers, mais il serait tout à fait illogique de leur demander des suppléments »
Et Roger de Looze poursuit :
« L’indigence a beaucoup changé, et beaucoup de gens se trouvent dans une pauvreté relative, ils ont droit d’avoir les meilleurs soins et les plus chers » (…)
« J’estime que notre devoir est d’assurer les soins de notre population montoise (…) On a également pour mission de combattre la misère par des mesures préventives »
… Comme sont authentiques les paroles, d’Omer Vanaudenhove, Président du Parti Libéral de Belgique qui déclarait :
(Je cite) « Sans le passage de Roger de Looze, il y a peut-être des choses auxquelles nous n’aurions pas cru »
Car, comme l’écrivait le rédacteur en chef de la Flandre Libérale, Roger de Looze, a par son exemple, prouvé :
(Je cite) « Que l’on peut réussir sans se salir, sans se compromettre ou abdiquer le meilleur de soi-même »
Puisse Roger de Looze, maintenant et toujours servir d’exemple à tous les mandataires publics.

Merci ; Merci »

 

Avec la famille Roger de Looze lors de l’inauguration de la « Place Roger de Looze »

Avec Madame veuve Roger de Looze lors de l’inauguration de la « Place Roger de Looze »