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En 1977, la première
année de mon élection comme conseiller communal de la Ville
de Mons, j’inscris à l’ordre du jour du Conseil communal :
« dénomination d’une rue de Mons portant le nom de Roger
de Looze »
Le 20 septembre 1977 (il n’y a pas d’erreur de date), le
Chef de bureau L. Faignard, par délégation «sous le règne »
du bourgmestre » Abel Dubois, m’écrivait :
« Monsieur le Conseiller,
Comme suite à votre lettre du 13 septembre 1977, nous avons
l’honneur de porter à votre connaissance que nous nous
sommes penchés sur le problème de dénomination d’une
nouvelle voirie en vue de lui donner le nom de « Rue Roger
de Looze ».
Nous restons attentifs à votre demande et vous signalons que
cette formalité pourra être effectuée lors de l’octroi de
nouvelles dénominations à certaines rues, dans le cadre de
la fusion actuelle.
Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant du suivi de
cette affaire.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Conseiller,
l’assurance de notre considération distinguée. »
Il a fallu que
j’attende 27 ans pour obtenir satisfaction :
Le 3 octobre 2004, après divers rappels, ma persévérance fut
récompensée, je pouvais inaugurer à Mons une « Place Roger
de Looze » !
Inauguration de la « Place Roger de Looze », le 03 octobre
2004 : en présence de la famille Roger de Looze, voici le
discours que très ému, j’ai prononcé :

« Je salue
tout d’abord la présence de celle qui fut Madame de Looze,
je salue aussi ses enfants et les prie de croire à mon plus
profond respect, Madame de Looze qui toute jeune a perdu son
mari… et ses enfants qui, en bas âge, ont perdu leur père.
Ses enfants, que Omer Vanaudenhouve, Président du Parti
Libéral de Belgique, a demandé aux Libéraux, à la mort de
leur père, de les considérer comme les enfants du Parti.
- Monsieur le Bourgmestre, Merci, vraiment Merci…
- Chers Membres du Collège et chers collègues du Conseil
communal,
- Mesdames, Messieurs,
- Et surtout chers amis, chers amis Libéraux,
Permettez-moi tout d’abord d’excuser les personnalités qui
me l’ont demandé :
Monsieur Antoine Duquesne, Président du MR,
Monsieur Michel Tromont, Gouverneur honoraire,
Monsieur Albert Deprez, Président du conseil provincial du
Hainaut,
Et Monsieur Henri Blondeau, Président de l’association
communale du MR, qui a récemment subi une intervention
chirurgicale.
Après et à côté de nombreuses personnalités Libérales qui
ont construit la Ville de Mons et laissés leur nom à des
endroits de cette ville comme :
Hubert Dolez, un des fondateurs du parti Libéral,
Henri Sainctelette,
Fulgence Masson, protecteur de la petite enfance,
Jean Lescart,
Et bien entendu, Victor Maistriau, qui considérait Roger de
Looze comme son fils,
Il y a, désormais aussi une Place Roger de Looze, que nous
inaugurons ce jour.
Mon émotion est intense, en effet il y a 27 ans que
j’attends cela !
Il y a 27 ans… , en 1977, la première année où j’ai été élu
conseiller communal de notre Ville, j’avais d’emblée fait
inscrire ce point à l’ordre du jour du conseil et je n’ai
pas manqué de rappeler ma demande.
Le Bourgmestre feu Abel Dubois, m’avait fait savoir, qu’il
estimait beaucoup Roger de Looze, qu’il avait côtoyé sur les
bancs du conseil, mais qu’il fallait trouver un endroit de
la Ville de Mons digne de son nom, c’est maintenant chose
faite :
merci à l’actuel Collège des Bourgmestre et Echevins.
Roger de Looze, décédé dans un tragique accident de voiture
à l’âge de 39 ans, constitue à Mons, un cas unique de
ferveur populaire unanime, d’émotion, de tristesse, de
chagrin et de regret à l’annonce de son décès, du décès d’un
jeune homme politique plein de promesses.
Partout, partout… même en Flandre, c’est la consternation.
Roger de Looze est regretté par tous, par tous… quelles que
soient les idées et l’appartenance politique !
À Mons, de mémoire de montois, jamais l’on avait ressenti
une telle émotion !
Au balcon de l’Hôtel de Ville, les couleurs nationales et
montoises sont en berne, et pendant que le carillon du
beffroi sonne le glas, des milliers de personnes lui rendent
un dernier hommage
Le conseil communal est convoqué avec un seul point à
l’ordre du jour :
« Hommage à Roger de Looze »
Cette unanimité est d’autant plus étonnante qu’à l’époque,
1961, le clivage entre les partis politiques est nettement
plus exacerbé, l’on sort de la guerre scolaire et des grèves
de 1960.
Or, le représentant du Parti Social Chrétien, déclare :
« Roger de Looze emplissait Mons de son activité et y
répandait la joie de vivre, il ne comptait que des amis »
Le Premier ministre social Chrétien Théo Lefèvre déclare :
« La ligne de conduite de Roger de Looze était toute de
pureté »,
propos qui furent repris par de nombreux quotidiens.
Nous venons d’entendre les propos du Bourgmestre Léo Colart…
Léo Colart, extrêmement ému a peine à déclarer :
«Tu étais un adversaire, jamais un ennemi, il n’est personne
à qui tu aies fait du mal, Mons perd un de ses fils les plus
chers.
Pour nous, le temps pourra atténuer la douleur, le souvenir
jamais »
En effet, 43 ans après la mort de Roger de Looze, le
souvenir est toujours là, vous en témoignez.
Depuis 43 ans, je sais, je sais… que le souvenir de Roger de
Looze est bien présent, présent dans le foyer d’anciens
libéraux, ils en parlent souvent, et sa photo est même
parfois, depuis tout ce temps accrochée à leur mur !
Ce visage souriant est là, comme un coin de lumière, il est
là comme le déclarait le Président du Parti Libéral Omer
Vanaudenhove, comme pour :
« Acheter par sa seule présence, bien des laideurs de
l’existence, de lâchetés, des mensonges »
Et maintenant, maintenant… nous pouvons savoir, nous pouvons
savoir que ce souvenir, ce souvenir lorsque « nos anciens »
auront disparus, lorsque nous aurons disparus, ce souvenir
restera gravé…
gravé… dans cette plaque, sur cette Place dédiée à Roger de
Looze et que dès lors le nom de Roger de Looze, restera
aussi, à jamais gravé dans la mémoire collective des
montois.
- Le 30 janvier 1953, Roger de Looze est installé au
conseiller communal de la Ville de Mons et au Collège, dont
il est le benjamin.
Roger de Looze rayonne, il est omniprésent par ses
interventions et son travail, il brille et surtout, et
surtout… son souci des autres est permanent.
Roger de Looze est l’incarnation d’un Libéralisme ouvert,
d’un Libéralisme tolérant, d’un Libéralisme fraternel.
Souvent, mes amis, je dis que l’expression « Libéralisme
social » est un pléonasme, Roger de Looze nous l’a prouvé.
- À Mons, la grande œuvre de Roger de Looze c’est l’Hôpital
Saint Georges, l’Hôpital Saint-Georges tel que nous le
connaissons et devenu l’Hôpital Ambroise Paré.
Dans les années 50, Roger de Looze est le responsable de la
Commission d’Assistance Publique, devenu CPAS.
En bon gestionnaire il vend des terres léguées à la
Commission d’Assistance Publique afin de construire un
Hôpital moderne.
En outre, il signe une convention avec l’Université Libre de
Bruxelles afin d’avoir un personnel scientifique de valeur
supérieur et surtout au service de tous les montois.
Ainsi, en 1954, au conseil communal de la Ville de Mons,
Roger de Looze déclare :
(Je cite) : « Si la Commission d’Assistance publique a des
terres maintenant, c’est parce que des gens généreux, dans
le passé ont donné des terres, non pour en faire de
l’Assistance Publique aux plus riches du royaume, mais pour
soulager les misères.
Je suis persuadé que les bienfaiteurs préféreraient voir
leurs terres et leurs arbres convertis en Hôpital »
Roger de Looze, déclare qu’il veut un Hôpital ouvert à tout
malade et à tout médecin qui veut y venir et que le principe
doit être :
(Je le cite) « L’admission de tous les malades avec une
priorité aux indigents, les malades graves indigents et
traités en salle commune, pourront sur avis du médecin être
transférés en chambres séparées sans supplément » (…)
« Cela me paraît, tout à fait humain. Il faut isoler ceux
qui ont besoin de soins particuliers, mais il serait tout à
fait illogique de leur demander des suppléments »
Et Roger de Looze poursuit :
« L’indigence a beaucoup changé, et beaucoup de gens se
trouvent dans une pauvreté relative, ils ont droit d’avoir
les meilleurs soins et les plus chers » (…)
« J’estime que notre devoir est d’assurer les soins de notre
population montoise (…) On a également pour mission de
combattre la misère par des mesures préventives »
… Comme sont authentiques les paroles, d’Omer Vanaudenhove,
Président du Parti Libéral de Belgique qui déclarait :
(Je cite) « Sans le passage de Roger de Looze, il y a
peut-être des choses auxquelles nous n’aurions pas cru »
Car, comme l’écrivait le rédacteur en chef de la Flandre
Libérale, Roger de Looze, a par son exemple, prouvé :
(Je cite) « Que l’on peut réussir sans se salir, sans se
compromettre ou abdiquer le meilleur de soi-même »
Puisse Roger de Looze, maintenant et toujours servir
d’exemple à tous les mandataires publics.
Merci ; Merci »
Avec la
famille Roger de Looze lors de l’inauguration de la « Place
Roger de Looze »

Avec
Madame veuve Roger de Looze
lors de
l’inauguration de la « Place Roger
de Looze »

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