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Mon hommage à Paul Gerhards !
Conseiller provincial du Hainaut - Conseiller communal de la
Ville de Mons
Il y a 30 ans, le 13 août 1975, Paul Gerhards, conseiller
provincial du Hainaut et conseiller communal de la Ville de
Mons, leader du PLP, nous quittait brusquement.
En plein mois d’août l’église Saint Nicolas était pleine à
craquer, de nombreux montois, les larmes aux yeux étaient
venus lui rendre un dernier hommage.
Paul Gerhards, élu conseiller communal de la Ville de Mons
le 13 octobre 1964, sur les 19 conseillers communaux montois
de Mons avant fusion (18.319 électeurs) le PLP (Parti de la
Liberté et du Progrès) récoltait sur 15.615 votes valables
3.509 voix et obtenaient 5 sièges (26% des sièges).
Le PSB du Bourgmestre Léo Colart obtenait 8 sièges (8.254
voix), le PSC obtenait 5 sièges (3.722 voix), le PSI
obtenait 1 siège (1.468 voix).
Les résultats du PLP étaient très encourageants puisque lors
des élections communales précédentes (de 1958) le PL (Parti
Libéral) n’avait récolté que 2.847 voix et 3 sièges sur 19
(PSB : 9 sièges et 6.446 voix ; le PSC : 7 sièges et 5.798
voix).
Néanmoins pour la première fois (en 1964), les Libéraux
(PLP) allaient être relégués dans l’opposition.
Devenu le leader charismatique du PLP montois, Paul Gerhards
mène une opposition « musclée », rien ne lui échappe, muni
de son thermos de café il lui arrive de passer la nuit à
l’hôtel de Ville à éplucher les dossiers.
Paul Gerhards mène des campagnes électorales à l’américaine
et étonne par son originalité : disques vinyles 33 tours
toutes-boîtes où à la question posée au Bourgmestre Léo
Colart : « Que pensez-vous de l’état des rues de Mons ? »,
un imitateur du Bourgmestre répond d’une voix fluette : « Je
ne sais pas je ne fréquente jamais les rues de Mons » ;
rétroprojecteur itinérant ; machine à peindre sur le sol le
numéro de la liste ; avion tirant des banderoles ; affiches
placées en hauteur avec des échelles d’échafaudage ;
nombreux tracts notamment de la dernière heure imprimés sur
son offset en réponse à … et distribués par les militants.
Paul Gerhards dénonce photos à l’appui l’état pitoyable des
rues de Mons; « l’affaire du chalet des Bains Douches » où
le Collège de la Ville de Mons ignorant que l’immeuble lui
appartient veut le racheter afin de le démolir ; la
construction d’un nouvel abattoir communal abandonné car
inadapté à la taille du bétail et même le Bourgmestre qui
fait laver sa voiture personnelle par les pompiers de la
ville…
Idéaliste et pris d’une véritable fièvre contagieuse en
période électorale, Paul Gerhards ne connaît pas le mot
compromis : son objectif reconquérir le mayorat dans la
ville du (dernier) Bourgmestre libéral Maistriau et même
obtenir dans une ville historiquement libérale la majorité
absolue.
Mais c’est sans compter sur les premières fusions des
communes.
Comme suite à celles-ci les élections prévues en octobre
1970 sont reportées en juin 1971 où Cuesmes est fusionné à
Mons et le nombre de conseillers à élire passe de 19 à 31.
Cuesmes a pour Bourgmestre le sénateur communiste René Nöel,
fondateur de l’U.D.P. (Union des Démocrates Progressistes)
et ce dernier bénéficie d’une popularité de bon gestionnaire
municipaliste.
Ainsi sur les 31 sièges (32.328 votes), l’UDP en obtient : 7
; le PSB : 10 ; le PSC : 4 ; Mons an 2000 : 3 ; le RW : 1
(André Lagneau) et le PLP 6.
Le hit-parade des voix de préférences s’établit comme suit :
René Noël : 3.167 voix
Paul Gerhards : 2.064 voix
Abel Dubois : 1.518 voix
Léo Colart: 1.449 voix
Jacques Hamaide : 800 voix
Malgré sont très bon score personnel (2.064 voix sur les
5.838 du PLP), Paul Gerhards devenu conseil provincial, voit
comme suite à la fusion des communes ses rêves s’enfuir et
se désespère de voir un communiste (UDP) entrer dans le
collège de la Ville de Mons pour former une tripartite avec
le PSB et le PSC.
Comment vont réagir les investisseurs potentiels sachant que
l’échevin des finances montois est communiste, s’interroge
Paul Gerhards ?
Il hésita longtemps à reprendre place dans les bancs de
l’opposition sous le nouveau Bourgmestre PS Abel Dubois
Elu conseiller provincial (Questeur) Paul Gerhards s’oppose
parfois durement au socialiste Richard Stiévenart, Président
du conseil provincial et Député Permanent.
Il se moque notamment dans ses tracts électoraux de la
hauteur démesurée de l’école provinciale de Nursing ; il me
fait photographier à plat ventre : « la plus haute école au
monde ! »
Un an avant la prochaine campagne électorale des élections
communales (octobre 1976), Paul Gerhards nous quitte
brusquement le 13 août 1975.
En 1976, après la deuxième fusion des communes le nombre de
sièges de conseillers communaux de la Ville de Mons
s’élargit une deuxième fois et passe de 31 à 45.
Le panachage des votes jusqu’à là autorisé aux élections
communales est désormais interdit.
J’avais participé activement aux campagnes de Paul Gerhards
et il m’avait donné le goût de la politique.
De la 18ème place sur la liste PLP, j’adopte le style de
campagne à la Paul Gerhards, le prenant pour modèle mon
premier geste fût de prendre son affiche et d’y remplacer sa
photo par la mienne prise dans la même pose.
Aux élections de 1976, le PLP maintient ses 6 sièges, mais
sur 45 sièges à pouvoir au lieu de 31, il représente donc
13,33 % au lieu de 19,35 % en 1970 et 26 % en 1964 dans le «
petit Mons ».
Le PSB du Bourgmestre Abel Dubois est le grand vainqueur de
la dernière fusion des communes et frise la majorité absolue
puisqu’il passe à 22 sièges sur 45 au lieu de 10 sur 31,
soit une représentation de 48,88 % au lieu de 32,25 %. Le
PSC obtient 10 sièges, le RW 1 siège, l’U.D.P. 6 sièges et
quittera la tripartite pour êtes relégué dans l’opposition
ce qui le fera disparaître essentiellement au bénéfice du
PS.
De la 18ème place, à l’âge de 29 ans je suis élu parmi les
premiers de listes, anciens mandataires et anciens
Bourgmestres des communes fusionnées : Wattier (Bourgmestre
de Ghin) 1.051 voix ; Dufrane (Mons) 761 voix ; Houtain
(Jemappes) 519 voix ; Dewitte (Bourgmestre de Nimy) 596 voix
; Beugnies 517 voix ; Langouche (Obourg) 317 voix.
Dans l’opposition au conseil communal de la ville de Mons,
l’esprit de Paul Gerhards souffle dernière moi, sa voix
rocailleuse retentit dans mes oreilles, j’adopte son style
et j’exulte en entendant certains dire de moi : « voilà un
nouveau Gerhards », car c’est là le plus beau cadeau qu’ils
peuvent me faire !
Non, Paul je ne t’oublierai jamais.
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