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« Monsieur le
Bourgmestre,
Chers Collègues,
Je voudrais, ce soir, tout d’abord brosser rapidement un
tableau de la politique budgétaire communale de ce dernier
quart de siècle.
En effet, le budget que l’on nous a présenté, est comme
jamais il l’a été, le reflet des conséquences des décisions,
ou plutôt des non-décisions du passé.
À cet égard, il atteint un point culminant, mais il opère
aussi pour l’avenir, un tournant majeur de la politique
financière et budgétaire communale.
Enfin, il est le reflet de la politique (tout court) de la
Ville, politique dans le sens anglo-saxon du terme «
political », c'est-à-dire conduite de la cité qui procède à
un changement radical par rapport au passé ; il est
résolument tourné vers l’avenir, avec une vision à long
terme : c’est un budget historique.
Je peux dire qu’en un quart siècle de mandat communal à
Mons, j’ai connu trois périodes bien distinctes.
- La première, celle de fin des années 70, début des années
80, où encore sous euphorie des années d’or 60, l’on
dépensait sans mesure, on dépensait en frais de
fonctionnement…pas en investissements.
Le personnel était en surnombre, il n’y avait pas de projet,
aucune vision à long terme et la Culture d’entreprise,
dirait-on actuellement, d’une administration communale
hiérarchisée, était inexistante, l’on pouvait parler d’une «
d’armée mexicaine » en perdition ; les dépenses dites de
prestige étaient légion.
C’était la conception « après moi le déluge » où « dépensons
il y aura toujours bien quelqu’un, qui à un moment donné,
viendra payer », c'est-à-dire en fait un pouvoir de tutelle
quelconque qui viendra payer à un moment donné les dettes
cumulées de la ville a sa place…, n’est-ce pas Monsieur
Hamaide …
Cette gestion où plutôt cette absence de gestion laissa la
Ville de Mons exsangue, avec un trou béant et gigantesque de
plus de 2 milliards 200 millions de francs belges de
l’époque, trou financier, qualifié par l’audit de l’époque
d’impasse de trésorerie, donc sans aucune plus-value
immobilière en contrepartie.
Ainsi, la ville fut mise sous tutelle et : retombées
présentes ; nous devons toujours actuellement payer les
conséquences de cette politique via le remboursement
d’énormes emprunts d’assainissement à long terme.
Pour illustrer les répercussions actuelles, j’ai mis la main
sur certains extraits révélateurs.
- En octobre 1985, la firme d’audit New consulling avait
réalisé un audit de la ville, de l’hôpital Saint-Georges et
de l’I.S.P.H.
- Et le 9 décembre 1985, le Bourgmestre, dans une
communication au conseil communal disait ceci ; écoutez
bien, à la lumière de notre époque on croit rêver ! : (je
cite)
« L’intercommunale de salubrité publique hennuyère (I.S.P.H.)
pèse très lourdement dans les difficultés financières de la
ville. Il est essentiel que les recommandations de l’audit
soient suivies d’effets.
L’I.S.P.H., dont les charges à supporter par les communes
affiliées deviennent insupportables ;
(un peu plus loin dans la déclaration)
C’est surtout au niveau de la prévision des charges
communales pour couvrir le déficit des hôpitaux que les
chiffres diffèrent (…), plus on étudie la comptabilité des
hôpitaux et plus il se pose des questions sur le montant
réel des déficits.
Écoutez ! : (je cite) « il reste les déficits antérieurs
qu’il faudra, à un moment ou l’autre, bien devoir absorber.
C’est une très grave question. Je ne crois pas que ce soit
le moment d’en débattre (fin de citation)… Je n’invente rien
!
- Ainsi, après cette période « d’après moi le déluge » et du
« baaa… lé bon », vient la période des coûts occultes et des
travaux pharaoniques, mais soyons bon prince, à la
différence de la première période, les dettes étaient au
moins contractées avec en contrepartie une plus-value
immobilière :
c’était donc l’époque des travaux d’Hercule, mais d’un
Hercule imprévoyant des coûts réels engendrés, ou les
occultant et sans moyens réels de les réaliser : en clair
d’un hercule aveugle et impuissant.
- Vient ensuite le début de cette législature, la troisième
période, celle que j’appellerais, dans un premier temps, la
période de la révélation.
En effet, comme la révélation fut faite à la vierge Marie,
la révélation du poids du passé des deux périodes
précédentes, fut soudain faite au collège, dont tous les
membres clamaient aussi leur virginité ;
Ainsi, lors de l’élaboration du plan de gestion, l’actuel
réviseur met en évidence tout le poids financier des
décisions prisent antérieurement.
Au 31 octobre 2001, le réviseur met en évidence, un déficit
inéluctable de 1millard 700 millions de BEF et écrit que
sans mesure drastique, fin 2005, le déficit cumulé pourrait
atteindre : 4 milliards 550 millions BEF.
En effet, pour faire fasse durant la période 2002 à 2006,
aux dépenses futures liées aux décisions du passé, le
réviseur constitue à juste titre des provisions :
des provisions d’abord pour des irrécouvrables et surtout…,
j’en ai parlé…, pour les dépenses liées aux déficits
hospitaliers, mais aussi aux pensions, où le montant cumulé
des cotisations à verser à la SMAP s’élève à 1 milliard 109
millions BEF.
Ainsi, rien que pour couvrir la problématique des pensions,
le réviseur préconise dés 2002, des provisions de l’ordre de
140 millions BEF par an.
Un plan de gestion est élaboré, des efforts considérables
sont entrepris par le collège et le Ministre Charles Michel
accorde d’emblée une aide exceptionnelle TONUS de 769
millions de BEF, dont 115 millions 858 de francs belges,
sont affectés sur l’exercice 2001 et cela en vue d’atteindre
progressivement l’équilibre budgétaire.
Mais lors de la présentation de ce plan de gestion au
conseil communal du 08 juillet 2002, je fais remarquer que
si l’équilibre budgétaire est atteint, c’était aussi au fait
que le collège après avoir fait le maximum dans le plan de
gestion et malgré l’aide TONUS, doit se résoudre, contraint
et forcé à reporter au-delà de 2006, la fameuse
problématique de la caisse de pensions et de l’emprunt
Ambroise Paré :
J’ajoute, qu’il faudra pourtant bien un jour, résoudre cette
problématique, comme vous avez pu le constater,
éternellement reportée !
Alors, Monsieur Viseur… Monsieur Viseur, quand vous dites
qu’en allongeant de 10 ans le remboursement d’emprunt
initialement prévu sur 20 ans, l’on reporte sur les
générations futures des charges, laissez-moi rire…
laissez-moi rire, ou plus tôt pleurer !
Que dire des charges énormes dont le collège actuel a hérité
du passé, en outre, il y a une différence essentielle par
rapport à ces charges, c’est qu’il s’agit ici d’emprunts
contractés pour des investissements et des investissements
dont à l’évidence les générations futures bénéficieront
toujours, par exemple pour le hall multifonctionnel.
- Mais alors, aujourd’hui…, ce jour, après la révélation,
c’est enfin l’acceptation, l’acceptation de la prise en
charge de toutes les fautes passées : c’est donc bien, un
budget clé, un budget vérité et historique que l’on vient de
nous présenter !
En effet, les efforts conjugués du Collège et de la Région
wallonne vont enfin permettre de prendre en charge
véritablement tout le poids du passé :
Ainsi, ce premier décembre, le Ministre Charles Michel,
écrit aux mandataires communaux que la Région wallonne va
intervenir à hauteur de 60% en charges d’amortissement et en
charges d’intérêts d’un emprunt contracté auprès du CRAC.
Emprunt afin de couvrir le fameux déficit des hôpitaux,
ainsi que la célèbre problématique de la caisse locale de
pensions et cela afin de garantir la pérennité des pensions
du personnel communal.
Non, Monsieur viseur, ce n’est pas le père Nöel, mais le
père Michel… au plutôt le fils… !
C’est ainsi que s’explique, chers collègues, Mesdames,
Messiers, le bond spectaculaire, que fait le montant total
du budget :
L’aide TONUS conjuguée avec la décision du 20 novembre du
Gouvernement wallon en ce qui concerne la caisse locale des
pensions et le déficit des hôpitaux, s’élèvent à de plus de
40 millions €, soit : TONUS 8 millions 600 mille € + le
déficit des hôpitaux 10 millions 350 milles € + la caisse
des pensions 20 millions 900 mille €.
Devant ce budget vérité qui assume l’entièreté du poids du
passé et qui est résolument tourné vers l’avenir, l’on peut
donc, je le pense, être raisonnablement optimiste pour
l’avenir.
Ainsi, le pôle, actuellement à la tête de la Ville de Mons,
ce pôle, lui…réel et bipolaire, soulève de ses robustes
épaules tout le poids financier de la ville et se montre
pour Mons, d’une efficacité redoutable, et ce, dans
l’intérêt des Montois !
Devant des faits semblables, permettez moi néanmoins une
réflexion, une réflexion… car je ne peux m’empêcher de me
remémorer ce que j’ai dit au début de mon exposé, lorsque
que feu le Bourgmestre de l’époque, avec la complicité de
Monsieur Hamaide disait: «Dépensons, il y aura toujours bien
un pouvoir quelconque qui viendra payer !»
Effectivement, de ce point de vue, les faits lui donnent
raison, mais à la différence prés, que le pouvoir
quelconque, c’est en réalité une fiction.
Au 19ème siècle, l’économiste Frédéric Bastiat disait en
parlant de l’Etat : « cette fiction où chacun s’efforce de
vivre au dépend de l’autre », car en réalité bien
évidemment, c’est toujours, le citoyen qui paye toujours,
qu’il soit Carolo, Liégeois, où Montois.
Chacun d’eux, concentre ainsi des apports représentant les
coûts cumulés et impayés du passé et qui sont étalés sur
d’autres, à savoir l’ensemble des Wallons.
Mais bien entendu, d’un point de vue strictement montois,
tant mieux pour les montois et je félicite le collège actuel
de ses efforts et je ne peux que me réjouir pour les
montois.
Je suis d’ailleurs, je l’avoue, très fier…, très fier
lorsque je suis aux Grands Prés de voir ses bâtiments
ultra-modernes qui ont véritablement surgi du sol.
Le samedi tout cela grouille de monde, venant de partout et
sans pour autant que le piétonnier désemplisse :
Je crois sincèrement que les commerçants du centre-ville
peuvent se rassurer, avec un peu d’imagination, mais aussi
l’aide logistique dont le collège fera sans aucun doute
preuve, la ville de Mons, je le crois, est vouée à un essor
commercial de tous et au bénéfice de tous.
Un autre point essentiel…, je parlais au début de mon exposé
de political, ou de conduite de la cité, or l’on peut
constater que l’état d’esprit progressivement change.
Ainsi, je suis aussi particulièrement enthousiaste de voir
tout ce qui est mis en œuvre afin de faire participer les
citoyens montois au devenir de leur cité.
En effet, je crois qu’une ville ne peut prospérer sans
l’assentiment, la volonté et la participation de ses
citoyens : il faut que l’avenir soit une aventure commune !
Et je suis aussi, depuis longtemps, persuadé qu’une
administration communale résolument moderne, doit servir de
fer de lance à cette nouvelle et grande aventure citoyenne
et que pour cela, il est nécessaire d’instaurer au sein de
l’administration une véritable « Culture d’entreprise » dont
le service aux citoyens constitue la valeur fondamentale.
Ainsi, dernièrement lors de la présentation du projet de
modernisation de l’administration, bien que particulièrement
conscient des difficultés, notamment de résistance au
changement que cela constitue, j’ai été, croyez le bien,
particulièrement enthousiaste.
Enthousiaste, mais je l’avoue, j’ai ressenti un certain goût
d’amertume, car il y a bien des années, ici même, et l’on
peut aisément le retrouver dans les procès-verbaux, je
tenais ce genre de discours.
Tout frais émoulu de mes études en management public et
plein d’allant, je disais que la terminologie même de
l’administration communale devait changer :
Ainsi, des grades, comme celui de chef de division, dénotent
encore d’une hiérarchie de type militaire, résidu d’autres
siècles et inadaptée à un management moderne.
Management moderne, où la pyramide hiérarchique est aplatie
et où le travail est évalué et valorisé…, valorisé,
notamment grâce à des tableaux de bords visant à atteindre
des objectifs…, objectifs, réalisés par de véritables
équipes, constituées autour de projets concertés.
Mais sans doute comme me disait un voisin de l’époque,
devant un collège sourd, ami qui aujourd’hui ne fait plus
partie de notre assemblée :
« Bernard tu as tort…, tu as tort d’avoir raison trop tôt !
»
Nous avons donc, un budget vérité qui prend en charge,
l’entièreté du poids du passé, un budget assorti de tableaux
de bord et avec comme jamais, une réelle vision prospective,
L’on peut en outre constater que le Collège, le Bourgmestre,
le nouvel échevin des finances et il faut aussi les citer
les différents services ont encore fait preuve d’efforts
supplémentaires.
En effet, l’on peut s’apercevoir qu’en dehors de l’aide
TONUS et de toutes les aides de la Région wallonne, il y a
une amélioration par rapport au plan de gestion initial de
l’ordre de 2 millions174 mille €.
Nous sommes confiant pour l’avenir et nous voterons ce
budget, qui faut-il le rappeler est aussi en équilibre et
sans aucune augmentation de la fiscalité ?
Devant un tel budget, j’estime que le CDH doit
nécessairement le voter :
Il serait véritablement indécent et méprisant de sa part de
ne pas le faire ; cela reviendrait à refuser à quelqu'un (la
majorité actuelle et la région Wallonne) d’aider des
personnes (les citoyens montois), qui par votre négligence
ont dû s’endetter outre mesure.
N’est-ce pas là un comble d’oser critiquer ceux qui en fait,
payent vos dettes !
Je terminerai par vous dire ceci, à dire au pôle bipolaire
de choc, bravo…, bravo, mais croyez le bien, nous garderons
toute notre vigilance, car, soyez en certains et je le dis
au nom des membres de mon groupe, nous ne sommes pas là,
pour faire de la figuration.
Nous estimons que des efforts de gestion financière peuvent
encore être fait, j’en suis persuadé, des efforts notamment,
en matière de rationalisation des frais de fonctionnement
des bâtiments scolaires, ainsi que dans la gestion de la
trésorerie ;
Mais je le sais… je sais que dans ces domaines aussi, vous y
réfléchissez et êtes sur la bonne voie.
Vous avez toute notre confiance et nous sommes persuadés,
que la prochaine période sera celle de la résurrection
suivie de l’ascension de la ville!
Je vous remercie de votre attention. »
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