Mon action au niveau communal

 

Conseil communal
Intervention publique

au nom du groupe

 

Conseil communal du lundi 15 décembre 2003 : point 37 de l’ordre du jour
« Budget général des recettes et des dépenses pour l’exercice 2004 »
Un tableau d’un quart de siècle budgétaire de la Ville de Mons :

«Enfin une politique budgétaire responsable, transparente et sincère…»
 

« Monsieur le Bourgmestre,
Chers Collègues,

Je voudrais, ce soir, tout d’abord brosser rapidement un tableau de la politique budgétaire communale de ce dernier quart de siècle.
En effet, le budget que l’on nous a présenté, est comme jamais il l’a été, le reflet des conséquences des décisions, ou plutôt des non-décisions du passé.
À cet égard, il atteint un point culminant, mais il opère aussi pour l’avenir, un tournant majeur de la politique financière et budgétaire communale.

Enfin, il est le reflet de la politique (tout court) de la Ville, politique dans le sens anglo-saxon du terme « political », c'est-à-dire conduite de la cité qui procède à un changement radical par rapport au passé ; il est résolument tourné vers l’avenir, avec une vision à long terme : c’est un budget historique.

Je peux dire qu’en un quart siècle de mandat communal à Mons, j’ai connu trois périodes bien distinctes.

- La première, celle de fin des années 70, début des années 80, où encore sous euphorie des années d’or 60, l’on dépensait sans mesure, on dépensait en frais de fonctionnement…pas en investissements.
Le personnel était en surnombre, il n’y avait pas de projet, aucune vision à long terme et la Culture d’entreprise, dirait-on actuellement, d’une administration communale hiérarchisée, était inexistante, l’on pouvait parler d’une « d’armée mexicaine » en perdition ; les dépenses dites de prestige étaient légion.

C’était la conception « après moi le déluge » où « dépensons il y aura toujours bien quelqu’un, qui à un moment donné, viendra payer », c'est-à-dire en fait un pouvoir de tutelle quelconque qui viendra payer à un moment donné les dettes cumulées de la ville a sa place…, n’est-ce pas Monsieur Hamaide …

Cette gestion où plutôt cette absence de gestion laissa la Ville de Mons exsangue, avec un trou béant et gigantesque de plus de 2 milliards 200 millions de francs belges de l’époque, trou financier, qualifié par l’audit de l’époque d’impasse de trésorerie, donc sans aucune plus-value immobilière en contrepartie.

Ainsi, la ville fut mise sous tutelle et : retombées présentes ; nous devons toujours actuellement payer les conséquences de cette politique via le remboursement d’énormes emprunts d’assainissement à long terme.

Pour illustrer les répercussions actuelles, j’ai mis la main sur certains extraits révélateurs.

- En octobre 1985, la firme d’audit New consulling avait réalisé un audit de la ville, de l’hôpital Saint-Georges et de l’I.S.P.H.

- Et le 9 décembre 1985, le Bourgmestre, dans une communication au conseil communal disait ceci ; écoutez bien, à la lumière de notre époque on croit rêver ! : (je cite)

« L’intercommunale de salubrité publique hennuyère (I.S.P.H.) pèse très lourdement dans les difficultés financières de la ville. Il est essentiel que les recommandations de l’audit soient suivies d’effets.
L’I.S.P.H., dont les charges à supporter par les communes affiliées deviennent insupportables ;

(un peu plus loin dans la déclaration)

C’est surtout au niveau de la prévision des charges communales pour couvrir le déficit des hôpitaux que les chiffres diffèrent (…), plus on étudie la comptabilité des hôpitaux et plus il se pose des questions sur le montant réel des déficits.

Écoutez ! : (je cite) « il reste les déficits antérieurs qu’il faudra, à un moment ou l’autre, bien devoir absorber. C’est une très grave question. Je ne crois pas que ce soit le moment d’en débattre (fin de citation)… Je n’invente rien !

- Ainsi, après cette période « d’après moi le déluge » et du « baaa… lé bon », vient la période des coûts occultes et des travaux pharaoniques, mais soyons bon prince, à la différence de la première période, les dettes étaient au moins contractées avec en contrepartie une plus-value immobilière :
c’était donc l’époque des travaux d’Hercule, mais d’un Hercule imprévoyant des coûts réels engendrés, ou les occultant et sans moyens réels de les réaliser : en clair d’un hercule aveugle et impuissant.

- Vient ensuite le début de cette législature, la troisième période, celle que j’appellerais, dans un premier temps, la période de la révélation.

En effet, comme la révélation fut faite à la vierge Marie, la révélation du poids du passé des deux périodes précédentes, fut soudain faite au collège, dont tous les membres clamaient aussi leur virginité ;

Ainsi, lors de l’élaboration du plan de gestion, l’actuel réviseur met en évidence tout le poids financier des décisions prisent antérieurement.

Au 31 octobre 2001, le réviseur met en évidence, un déficit inéluctable de 1millard 700 millions de BEF et écrit que sans mesure drastique, fin 2005, le déficit cumulé pourrait atteindre : 4 milliards 550 millions BEF.
En effet, pour faire fasse durant la période 2002 à 2006, aux dépenses futures liées aux décisions du passé, le réviseur constitue à juste titre des provisions :
des provisions d’abord pour des irrécouvrables et surtout…, j’en ai parlé…, pour les dépenses liées aux déficits hospitaliers, mais aussi aux pensions, où le montant cumulé des cotisations à verser à la SMAP s’élève à 1 milliard 109 millions BEF.

Ainsi, rien que pour couvrir la problématique des pensions, le réviseur préconise dés 2002, des provisions de l’ordre de 140 millions BEF par an.

Un plan de gestion est élaboré, des efforts considérables sont entrepris par le collège et le Ministre Charles Michel accorde d’emblée une aide exceptionnelle TONUS de 769 millions de BEF, dont 115 millions 858 de francs belges, sont affectés sur l’exercice 2001 et cela en vue d’atteindre progressivement l’équilibre budgétaire.

Mais lors de la présentation de ce plan de gestion au conseil communal du 08 juillet 2002, je fais remarquer que si l’équilibre budgétaire est atteint, c’était aussi au fait que le collège après avoir fait le maximum dans le plan de gestion et malgré l’aide TONUS, doit se résoudre, contraint et forcé à reporter au-delà de 2006, la fameuse problématique de la caisse de pensions et de l’emprunt Ambroise Paré :
J’ajoute, qu’il faudra pourtant bien un jour, résoudre cette problématique, comme vous avez pu le constater, éternellement reportée !

Alors, Monsieur Viseur… Monsieur Viseur, quand vous dites qu’en allongeant de 10 ans le remboursement d’emprunt initialement prévu sur 20 ans, l’on reporte sur les générations futures des charges, laissez-moi rire… laissez-moi rire, ou plus tôt pleurer !

Que dire des charges énormes dont le collège actuel a hérité du passé, en outre, il y a une différence essentielle par rapport à ces charges, c’est qu’il s’agit ici d’emprunts contractés pour des investissements et des investissements dont à l’évidence les générations futures bénéficieront toujours, par exemple pour le hall multifonctionnel.

- Mais alors, aujourd’hui…, ce jour, après la révélation, c’est enfin l’acceptation, l’acceptation de la prise en charge de toutes les fautes passées : c’est donc bien, un budget clé, un budget vérité et historique que l’on vient de nous présenter !

En effet, les efforts conjugués du Collège et de la Région wallonne vont enfin permettre de prendre en charge véritablement tout le poids du passé :

Ainsi, ce premier décembre, le Ministre Charles Michel, écrit aux mandataires communaux que la Région wallonne va intervenir à hauteur de 60% en charges d’amortissement et en charges d’intérêts d’un emprunt contracté auprès du CRAC.
Emprunt afin de couvrir le fameux déficit des hôpitaux, ainsi que la célèbre problématique de la caisse locale de pensions et cela afin de garantir la pérennité des pensions du personnel communal.

Non, Monsieur viseur, ce n’est pas le père Nöel, mais le père Michel… au plutôt le fils… !

C’est ainsi que s’explique, chers collègues, Mesdames, Messiers, le bond spectaculaire, que fait le montant total du budget :

L’aide TONUS conjuguée avec la décision du 20 novembre du Gouvernement wallon en ce qui concerne la caisse locale des pensions et le déficit des hôpitaux, s’élèvent à de plus de 40 millions €, soit : TONUS 8 millions 600 mille € + le déficit des hôpitaux 10 millions 350 milles € + la caisse des pensions 20 millions 900 mille €.

Devant ce budget vérité qui assume l’entièreté du poids du passé et qui est résolument tourné vers l’avenir, l’on peut donc, je le pense, être raisonnablement optimiste pour l’avenir.

Ainsi, le pôle, actuellement à la tête de la Ville de Mons, ce pôle, lui…réel et bipolaire, soulève de ses robustes épaules tout le poids financier de la ville et se montre pour Mons, d’une efficacité redoutable, et ce, dans l’intérêt des Montois !

Devant des faits semblables, permettez moi néanmoins une réflexion, une réflexion… car je ne peux m’empêcher de me remémorer ce que j’ai dit au début de mon exposé, lorsque que feu le Bourgmestre de l’époque, avec la complicité de Monsieur Hamaide disait: «Dépensons, il y aura toujours bien un pouvoir quelconque qui viendra payer !»

Effectivement, de ce point de vue, les faits lui donnent raison, mais à la différence prés, que le pouvoir quelconque, c’est en réalité une fiction.

Au 19ème siècle, l’économiste Frédéric Bastiat disait en parlant de l’Etat : « cette fiction où chacun s’efforce de vivre au dépend de l’autre », car en réalité bien évidemment, c’est toujours, le citoyen qui paye toujours, qu’il soit Carolo, Liégeois, où Montois.

Chacun d’eux, concentre ainsi des apports représentant les coûts cumulés et impayés du passé et qui sont étalés sur d’autres, à savoir l’ensemble des Wallons.

Mais bien entendu, d’un point de vue strictement montois, tant mieux pour les montois et je félicite le collège actuel de ses efforts et je ne peux que me réjouir pour les montois.
Je suis d’ailleurs, je l’avoue, très fier…, très fier lorsque je suis aux Grands Prés de voir ses bâtiments ultra-modernes qui ont véritablement surgi du sol.
Le samedi tout cela grouille de monde, venant de partout et sans pour autant que le piétonnier désemplisse :
Je crois sincèrement que les commerçants du centre-ville peuvent se rassurer, avec un peu d’imagination, mais aussi l’aide logistique dont le collège fera sans aucun doute preuve, la ville de Mons, je le crois, est vouée à un essor commercial de tous et au bénéfice de tous.

Un autre point essentiel…, je parlais au début de mon exposé de political, ou de conduite de la cité, or l’on peut constater que l’état d’esprit progressivement change.

Ainsi, je suis aussi particulièrement enthousiaste de voir tout ce qui est mis en œuvre afin de faire participer les citoyens montois au devenir de leur cité.
En effet, je crois qu’une ville ne peut prospérer sans l’assentiment, la volonté et la participation de ses citoyens : il faut que l’avenir soit une aventure commune !

Et je suis aussi, depuis longtemps, persuadé qu’une administration communale résolument moderne, doit servir de fer de lance à cette nouvelle et grande aventure citoyenne et que pour cela, il est nécessaire d’instaurer au sein de l’administration une véritable « Culture d’entreprise » dont le service aux citoyens constitue la valeur fondamentale.

Ainsi, dernièrement lors de la présentation du projet de modernisation de l’administration, bien que particulièrement conscient des difficultés, notamment de résistance au changement que cela constitue, j’ai été, croyez le bien, particulièrement enthousiaste.

Enthousiaste, mais je l’avoue, j’ai ressenti un certain goût d’amertume, car il y a bien des années, ici même, et l’on peut aisément le retrouver dans les procès-verbaux, je tenais ce genre de discours.
Tout frais émoulu de mes études en management public et plein d’allant, je disais que la terminologie même de l’administration communale devait changer :
Ainsi, des grades, comme celui de chef de division, dénotent encore d’une hiérarchie de type militaire, résidu d’autres siècles et inadaptée à un management moderne.

Management moderne, où la pyramide hiérarchique est aplatie et où le travail est évalué et valorisé…, valorisé, notamment grâce à des tableaux de bords visant à atteindre des objectifs…, objectifs, réalisés par de véritables équipes, constituées autour de projets concertés.
Mais sans doute comme me disait un voisin de l’époque, devant un collège sourd, ami qui aujourd’hui ne fait plus partie de notre assemblée :
« Bernard tu as tort…, tu as tort d’avoir raison trop tôt ! »

Nous avons donc, un budget vérité qui prend en charge, l’entièreté du poids du passé, un budget assorti de tableaux de bord et avec comme jamais, une réelle vision prospective,

L’on peut en outre constater que le Collège, le Bourgmestre, le nouvel échevin des finances et il faut aussi les citer les différents services ont encore fait preuve d’efforts supplémentaires.

En effet, l’on peut s’apercevoir qu’en dehors de l’aide TONUS et de toutes les aides de la Région wallonne, il y a une amélioration par rapport au plan de gestion initial de l’ordre de 2 millions174 mille €.
Nous sommes confiant pour l’avenir et nous voterons ce budget, qui faut-il le rappeler est aussi en équilibre et sans aucune augmentation de la fiscalité ?

Devant un tel budget, j’estime que le CDH doit nécessairement le voter :
Il serait véritablement indécent et méprisant de sa part de ne pas le faire ; cela reviendrait à refuser à quelqu'un (la majorité actuelle et la région Wallonne) d’aider des personnes (les citoyens montois), qui par votre négligence ont dû s’endetter outre mesure.

N’est-ce pas là un comble d’oser critiquer ceux qui en fait, payent vos dettes !

Je terminerai par vous dire ceci, à dire au pôle bipolaire de choc, bravo…, bravo, mais croyez le bien, nous garderons toute notre vigilance, car, soyez en certains et je le dis au nom des membres de mon groupe, nous ne sommes pas là, pour faire de la figuration.

Nous estimons que des efforts de gestion financière peuvent encore être fait, j’en suis persuadé, des efforts notamment, en matière de rationalisation des frais de fonctionnement des bâtiments scolaires, ainsi que dans la gestion de la trésorerie ;

Mais je le sais… je sais que dans ces domaines aussi, vous y réfléchissez et êtes sur la bonne voie.
Vous avez toute notre confiance et nous sommes persuadés, que la prochaine période sera celle de la résurrection suivie de l’ascension de la ville!

Je vous remercie de votre attention. »

 

1-Sélectionnez en partie ou en totalité le discours que vous voulez imprimer.

 

 

2-Cliquez sur le bouton
3-Dans la fenêtre "Imprimer", cochez la case "Sélection"