Conseil
communal du 22 mai 2006 :
« Projet de Ville 2015 – Plan
d’action – »
Intervention du conseiller communal
Bernard Beugnies « Chef de Groupe MR
»
Mesdames, Messieurs, les Bourgmestre
et Échevins,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs,
La lecture approfondie du « Projet
de Ville Mons 2015 – Plan d’action –
» m’a agréablement étonné à plus
d’un titre.
Bien sûr, il demande à être
davantage élaboré et c’est bien ce
qui est proposé à nous tous, mais il
constitue avant tout un changement
radical dans la manière de penser,
dans la manière de concevoir et dans
la manière de se comporter.
Je vais vous en faire la
démonstration :
Pour cela je me suis replongé en
arrière, dix ans et plus, dans
divers documents que j’avais
soigneusement conservés, documents
établissant un constat critique sur
la Région de Mons-Borinage et de
Mons en particulier.
De nombreuses analyses se rejoignent
sur la cause du déclin :
Deux facteurs essentiels sont
constamment mis en évidence :
2. « Une culture négative » se
traduisant par - un déficit
entrepreneurial
- un manque de consensus
2. La faible attractivité de la zone
Un motif revient sans cesse :
« Mons-Borinage souffre
essentiellement de freins culturels,
une espèce de fatalisme, une peur de
l’avenir ; on croit de moins en
moins à ses possibilités… »
Ainsi, dans le SOIR du mercredi 3
janvier 1996, il y a donc plus de 10
ans (Jean-Sébastien Belle), alors le
directeur de l’ Invest
Borinage-Centre et actuellement chef
de Cabinet du Ministre (Marcourt) de
l’économie, de l’emploi et du
commerce extérieur, déclarait :
(je cite) « Il faut avant tout
changer l’état d’esprit et sortir de
ce climat de sinistrose et de
pessimisme dans lequel nous
évoluons.
Je dirais même que les gens d’ici
sont aigris.
Je les devine tendus au point, cela
peut paraître incroyable, de ne pas
supporter le succès de ceux qui
réussissent à sortir la tête de
l’eau, malgré toutes les difficultés
qu’ils rencontrent.
Je connais ainsi des entreprises de
cette région qui hésitent à
inaugurer leurs installations ou à
organiser une conférence de presse,
et qui préfèrent le profil bas, pour
ne pas s’attirer la rancœur de leurs
voisins. Cela doit changer (fin de
citation)
Laurent Busine, directeur des
expositions du Palais des Beaux-Arts
de Charleroi et domicilié à Mons,
faisait aussi le même constat dans
le SOIR du 31 décembre 1998.
Monsieur le Bourgmestre en titre l’a
lui-même rappelé :
Le chômage de Mons-Borinage n’est
pas dû à la disparition
d’entreprises, mais essentiellement
au manque de créations
d’entreprises.
En effet, actuellement, dans nos
économies de croissance et
d’innovations il existe une loi de
10% établie par les économistes,
c'est-à-dire qu’il est normal que
10% des entreprises devenues
obsolètes disparaissent chaque année
pour être remplacées par des
entreprises de pointes.
C’est ce que l’économiste Schumpeter
appelait le processus de destruction
créatrice.
D’où bien entendu, l’importance
d’une formation continue et de
recyclages permanents.
Quant au manque de consensus un
article du journaliste Eric Deffet
dans le SOIR du 13 décembre 1998 est
éclairant sur le sujet :
Il y évoque le fait que lors d’une
réunion autour du Ministre Lebrun,
le député Jean-Pierre Viseur et le
député Raymond Hinnekens, (je cite)
« ont tout bonnement été interdits
d’entrée » à l’IDEA de la rue de
Nimy, parce qu’ils ne faisaient pas
partie de la majorité de l’époque,
mais aussi Richard Biefnot, lui
parce qu’il n’était pas député
Wallon, mais député fédéral.
Et Eric Deffet terminait son article
en écrivant : (je cite) « Tentative
manifestement peu appréciée
d’assurer le consensus régional
autour de l’essentiel. Loupé une
fois de plus. » (fin de citation).
Pourquoi vous dire ceci, parce que
dans ce « Projet de Ville Mons 2015
», de ce point de vue il présente un
changement radical, l’on ne
tergiverse pas avec les axes
prioritaires.
Ils rejoignent tout à fait le
constat que j’évoquais :
L’axe 1 est : « La Création
d’activité et le développement
commercial »,
L’axe 2 est : « L’attractivité » de
la Ville »
L’objectif 1 est : « Favoriser la
création d’activités nouvelles »
L’objectif 2 est : « La stimulation
de l’esprit d’entreprendre »
C’est effectivement sur ces points
majeurs que nous devons nous
atteler.
Je dis NOUS atteler, car là aussi il
y a un changement majeur, la
majorité et en particulier le
Bourgmestre en titre s’efforce dans
les faits d’arriver à un consensus.
C’est effectivement essentiel.
D’autant plus que pour la première
fois Mons s’inscrit dans un projet à
moyen terme qui va même au-delà
d’une législature communale : «
Projet de ville Mons 2015 ».
Il est vital pour le développement
d’une ville et d’une région d’avoir
un projet porteur qui mobilise les
ressources et particulièrement
toutes les ressources humaines
autour de lui et crée le consensus
global.
Ce projet, cet objectif, nous
l’avons, nous avons pour la première
fois un but à atteindre «Devenir en
2015 la Capitale européenne de
l’Europe ».
La fixation d’un objectif à
atteindre est la condition
essentielle de mobilisation des
ressources et en particulier des
ressources humaines :
« il faut mettre les Montois, il
faut mettre Mons en état de manque,
en état de manque d’être la Capitale
Culturelle européenne »
Bien sur Monsieur Viseur, il n’y a
pas que cela et NOUS sommes, l’on
vous le démontre, NOUS sommes à
votre écoute.
Je vais même vous étonner : nous
sommes tous d’accord ici pour dire
que ce que nous voulons et
recherchons avant tous c’est le
bonheur de nos concitoyens.
Et effectivement, vous avez raison
ce bonheur ne dépend pas uniquement
du taux de croissance économique.
Ainsi d’après la revue « Regards »
des économistes de l’UCL de mars
2006 :
(Je cite) « de manière quasi
générale, trente (voire cinquante)
années de croissance économique
soutenue n’ont pas augmenté
l’évaluation subjective de la
satisfaction de vie.
En la matière le cas belge n’est
guère réjouissant : depuis le
premier choc pétrolier, le PIB réel
par tête a augmenté de 80%, mais la
satisfaction de vie a diminué de
8,8% en moyenne »
L’on peut dès lors effectivement se
poser la question :
- Pourquoi alors rechercher la
croissance ?
- Faut-il pour autant comme le font
certains prôner la décroissance ?
- La raison est-elle que l’homme
n’est jamais satisfait ?
- Qu’il lui en faut toujours plus ?
- Où la croissance a-t-elle des
effets secondaires qui finissent par
annuler ses bienfaits ?
L’explication retenue, Monsieur
Viseur est d’ordre psychologique, ce
sont les facteurs comme l’effet
d’habitude qui tire les normes
continuellement vers le haut ; la
comparaison sociale, ce que les
économistes nomment «
l’interdépendance du bien-être » qui
produit un relèvement constant des
aspirations individuelles, toute
richesse étant relative.
D’autres facteurs entrent aussi en
considération comme la perspective
d’avenir.
Donc Monsieur Viseur, si la
croissance ne fait pas le bonheur,
la décroissance encore moins et l’on
ne peut s’immobiliser alors qu’à
côté de chez nous la croissance
augmente, dans ce cas la situation
ne saurait qu’empirer pour le
bonheur de nos concitoyens.
Changeons donc les mentalités et
offrons dans le consensus une réelle
perspective d’avenir pour nos
concitoyens.
C’est ce que le projet de Ville Mons
2015 propose.
En ce qui concerne l’axe 2 «
L’attractivité de la Ville », nous
devons bien entendu poursuivre nos
efforts.
Regardez autour de vous, les
nouveaux endroits sortent de terre
comme des champignons, tous les
jours l’on découvre quelque chose de
nouveau à Mons, l’on ne fini pas
d’inaugurer :
indiscutablement l’objectif 2015 «
Mons Ville Capitale européenne de la
Culture », mobilise, canalise les
énergies et réveille les talents.
Comme je vous l’ai dit « la
stimulation de l’esprit
d’entreprendre » constitue un
objectif prioritaire, dans le «
Projet de Ville Mons 2015 », l’on
constate à juste titre que la
créativité ne se décrète pas,que
c’est à la fois une mentalité et un
processus.
Et des moyens en vue d’atteindre cet
objectif sont déjà proposés :
Ainsi la valorisation des « success
storie », c'est-à-dire de ceux qui
réussissent est une très bonne chose
et dénote un changement complet de
mentalité par rapport à ce Sébastien
Belle constatait dans le SOIR du 3
janvier 1996.
Au contraire, ceux qui réussissent
deviennent un exemple à suivre !
Il est en effet essentiel dans le
processus de motivation d’avoir des
modèles à suivre.
Un fonds de « microcrédits » initié
par la ville constitue aussi un
moyen d’action du « Projet de ville
2015 », c’est aussi un
extraordinaire moyen d’émancipation
sociale.
Il peut fait sortir les plus démunis
de l’assistanat pour les rendre
progressivement autonomes.
La microfinance qui fonctionne par
foyer constitue une nouvelle
opportunité qui peut se répercuter
dans toute la société où des
milliers peuvent transformer une
économie tout entière : l’ONU avait
déclaré 2005, l’année du microcrédit
!
Mais tous les moyens employés seront
inefficaces si l’on ne met pas tout
en œuvre pour stimuler une mentalité
entrepreneuriale :
comme l’on-dit, l’on ne sait pas
faire boire un âne qui n’a pas soif
!
C’est pourquoi je pense que c’est là
que nous devons poursuivre nos
efforts.
Et il faut commencer avec les
jeunes, c'est pourquoi l’idée de «
j’aurai 20 ans en 2015 » constitue
aussi une excellente idée.
Il faudrait encore tous ensemble
réfléchir sur des moyens d’actions à
cet égard.
Puisque nous avons remis notre
enseignement secondaire à la
province, je le proposerai à la
Province de mettre tout en œuvre
afin de stimuler dans le secondaire
cet esprit d’entreprise.
J’ai pu constater que trop
d’étudiants ont encore une
connotation négative de
l’entrepreneur, beaucoup ne
souhaitent pas prendre le moindre
risque et même certains enseignants
les découragent de le faire !
L’on pourrait même, dés dans notre
enseignement communal, dans les
projets d’établissements scolaires
penser à intégrer cet objectif, par
exemple en réalisant des contacts
avec les commerçants qui viendraient
expliquer leurs expériences, où en
réalisant des visites de PME.
Voilà, nous avons décidé de commun
accord de confier l’étoffement de ce
« Projet de Ville Mons 2015 » à un
spécialiste universitaire du
développement local et de le voter
après les élections.
C’est une excellente chose pour
avoir davantage d’idées et réaliser
en dehors de toutes passions
électorales un consensus qui
représentera toutes les sensibilités
des partis démocratiques et dès lors
ne pourra que mieux susciter
l’indispensable adhésion de nos
concitoyens.
Mais, Mesdames, Messieurs les
Bourgmestre et Echevins, chers
collègues, Mesdames Messieurs, à
Mons quel changement !
Merci de m’avoir écouté.

