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« Monsieur le Bourgmestre,
Chers Collègues,
Je crois très sincèrement que les intentions exprimées dans
« La note de politique générale » relative au budget 2003 du
CPAS marquent un réel tournant dans les intentions, dans la
perception, dans la philosophie même de ’’l’aide’’ sociale.
C’est comme cela que je l’ai ressenti et vous ne pouvez pas
savoir à quel point, j’en suis heureux
Lorsque pour la première fois, je prenais place au conseil
communal de la Ville de Mons, non seulement les fusions de
communes se finalisaient, mais, la loi du 8 juillet 1976 qui
transformait les CAP « Commission d’Assistance Publique » en
CPAS « Centres Publics d’Aide Sociale », entrait en
fonction.
Ainsi les mots « Aide Sociale », remplaçaient les mots «
Assistance Publique » et l’article 1 de cette nouvelle Loi,
faisait que l’aide sociale devenait un droit, un droit,
devant « permettre à chacun de mener une vie conforme à la
dignité humaine »
L’aide ne devait plus simplement consister en une aide
strictement matérielle comme le MINIMEX, mais des notions
comme l’aide pyscho-sociale, la guidance éducative et de
mise au travail était déjà énumérée.
- Cependant, pendant de nombreuses années, il faut bien
constater que la notion d’assistance ou d’assistanat est
restée prépondérante : ainsi de nombreuses personnes, suite
aux effets pervers du système d’aide, étaient confinées,
dans un état de dépendance quasi perpétuelle.
- En outre, héritage de la politique sociale de logement des
années 1960, ces personnes dépendantes sont la plupart du
temps regroupées dans des espèces de ghettos, où bien
souvent, elles n’ont d’autres modèles que leurs voisins,
voisins qui sont leur propre reflet social : le système par
une espèce de mimétisme ne peut dés lors que s’amplifier et
se perpétuer.
- Mais, actuellement les intentions exprimées de la note de
politique générale et les actions déjà entreprises, je vous
le disais marquent un réel tournant.
Ce tournant, s’inscrit dans l’esprit de la Loi du 07 janvier
2002 et anticipe sa mise en oeuvre, puisque celle-ci
n’entrera en vigueur que le 01 mars 2004.
En effet, les Centres Publics d’Aide sociale, instaurés par
la Loi du 25 juillet 1976, vont devenir des Centres Publics
d’Action sociale.
Le A de CPAS, ne signifiera donc plus Aide, mais Action !
Cela pour nous c’est fondamental, fondamental, car c’est une
tout autre façon de concevoir le social :
La notion d’Action Sociale, au niveau communal, s’inscrit
ainsi dans la philosophie plus globale d’une ’’autre voie’’,
celle de l’Etat social actif :
la problématique sociale devient essentiellement un problème
d’accès à une activité socialement utile, plutôt qu’ à une
lecture exclusivement en termes d’aides pécuniaires pour
absence de revenu.
- Cette philosophie, cette conception nous la retrouvons
exprimée partout dans la note de politique générale
accompagnant le budget 2003 du CPAS, j’en suis, nous en
sommes particulièrement ravis et nous y adhérons pleinement
:
les moyens essentiels utilisés, le sont dans une gestion
proactive du risque individuel, gestion proactive par la
fourniture, certes collectives de moyens, mais qui vise à
une responsabilisation individuelle.
- On responsabilise, on intègre, on donne ou l’on redonne
des objectifs de vie cohérents dans le milieu familial et
surtout, l’on prévient pour ne pas devoir guérir.
Partout dans la note de politique générale nous retrouvons
cette conception :
- Il s’agit : du droit à l’intégration sociale ; pour les
jeunes, de contrats, de contrat avec tout ce que cela
implique comme devoir et responsabilité, de contrats visant
à la poursuite des études et à la concrétisation d’un emploi
; il s’agit de formation, d’insertion ou de réinsertion
professionnelle par (je cite) des PROACTIONS.
La notion de PROACTIONS, inhérente au concept de l’Etat
social actif, on la retrouve partout.
Dans le domaine de la PROACTION, l’on peut notamment trouver
:
- Le recrutement d’ un agent prospecteur opérationnel dont
le rôle sera :
de donner aux jeunes une expérience professionnelle, par
exemple grâce à un dispositif d’aide et d’incitation à la
recherche d’un travail d’été.
- Toujours dans le domaine de la PROACTION :
Afin de lutter contre le décrochage, il est question de
pédagogie anticipative et afin de stimuler l’esprit
d’entreprendre, il est question aussi de maternité de minis
entreprises sur le site du Coq à jemappes.
- Pour prévenir le surendettement, mais aussi apprendre à
manger sainement et à bon compte, il est question d’une
école des consommateurs.
- Dans le domaine de la ’’responsabilisation individuelle’’
; celle-ci se fait par le biais d’évaluations
trimestrielles, de contrats d’intégration sociale : ces
contrats seront négociés avec les jeunes.
- Toujours dans le domaine de la ’’responsabilisation
individuelle’’, s’y classerais un moyen essentiel et pour
nous fondamental, je le cite à la page 41 de la note de
politique générale (je cite) :
« L‘objectif étant de désinstitutionaliser, dans les limites
du possible nos interventions » (fin de citation)
« Désinstitutionaliser » pour agir pro-activement et aider
ceux qui en ont réellement besoin, tout en les
responsabilisant.
- Nous adhérons à 100% à cette conception :
l’impôt négatif, mesure prise au niveau fédéral en est
d’ailleurs la preuve, car il constitue un exemple typique et
probant de désinstitutionalisation et de personnalisation de
l’aide, envers réellement les plus démunis.
L’on peut dans la note de politique générale citer des
exemples de cette volonté de désinstitutionalisation et en
particulier dans le domaine du logement, ainsi :
- Dans l’expression de la volonté de maintenir le plus
possible les personnes âgées à leur domicile où dans leurs
familles :
Ce problème va en effet prendre toute son ampleur dans les
prochaines années lors de l’explosion de ce que l’on nomme
déjà le papy-boom et du vieillissement de la population
qu’il engendra, il faut que les CPAS s’y préparent.
Il faudra de plus en plus penser à favoriser l’autonomie des
personnes âgées, en pensant notamment aux moyens de
financement d’une assurance-autonomie.
- Mais surtout, cette désinstitutionalisation est exprimée
aussi en matière de logements dits sociaux,
page 63, (je cite) : « L’inventaire des maisons occupées par
des personnes à bas revenus susceptibles d’être acquises par
leurs locataires afin de favoriser l’accès à la propriété »
(fin de citation)
Mais encore: (je cite) « Dans ce volet relatif aux exclus,
il s’agit plus de développer des actions en partenariat afin
d’agir sur l’offre de logements ’’privés’’ » (fin de
citation )
J’ai envie de dire, magnifique !
- D’une part l’accès à la propriété, c’est pour nous
essentiel :
en effet, il y a toujours de nombreuses personnes qui par
manque d’information, payent un loyer quasi équivalent à la
mensualité d’un emprunt en 20 ou 25 ans de la valeur de la
maison qu’elles louent.
À cet égard, un guichet unique d’information sur le logement
est prévu dans le courant de l’année 2003.
- Et, agir sur l’offre de logement privé : voilà une
politique de logement enfin intelligente et efficace, en
clair cela signifie la fin officielle des politiques de
construction de clapiers et de concentration de personnes
socialement défavorisées dans des ghettos.
Comment peut-on agir sur l’offre de logements privés ?
- Il n’y pas d’autres solutions que rendre par divers moyens
cette offre de logements attractive, donc… rentable pour le
propriétaire MAIS tout en permettant aux revenus modestes
d’y accéder ; Comment ? :
Les chèques logements individualisés (leur mode de
financement est à étudier), sont à cet égard un moyen
privilégié.
L’on peut en outre constater, que l’aménagement de logements
(ici par l’intermédiaire de la régie foncière) , n’est plus
réservé qu’aux sans-abri, c'est-à-dire pour un dépannage
momentané.
En outre, il s’agît aussi d’opérations de réhabilitation et
de rénovation subventionnées par la Région, comme par
exemples : les anciennes conciergeries des cimetières de
Flénu, de Jemappes, d’Havré ou l’ancienne conciergerie de
l’école rue Victor Baudour, ainsi que le bureau police de
Cuesmes ou la gare d’Hyon-Ciply
- Enfin, la gestion interne du CPAS et en particulier le
management des ressources humaines, doit nécessairement
refléter de l’intérieur, le nouvel esprit du CPAS
Et ici aussi, la volonté d’un changement fondamental est
exprimée :
- Il est question de communication, de décloisonnement, de
délégation des tâches, d’un organigramme beaucoup moins
pyramidal, de partenariat, de gestion des stocks…
Il faudra bien entendu mettre en place un management du
changement, afin de vaincre toute résistance à ce
changement.
- Il est à signaler aussi, que le CPAS de Mons, va
constituer bientôt, un CPAS pilote pour la mise en œuvre de
la comptabilité analytique.
A ce sujet, je l’ai dit en section, j’insiste pour qu’il
soit clairement établi une distinction entre les coûts de
fonctionnement d’ordre administratif (personnel employé à la
comptabilité) par rapport aux coûts liés directement à
l’action sociale (assistants sociaux, éducateurs sur le
terrain) de façon à pouvoir suivre l’évolution
proportionnelle de ces coûts.
Pour conclure, je résumerai en cinq points, les changements
fondamentaux
- 1. Prévenir plutôt que guérir, c’est le concept même d’une
politique sociale proactive, en effet : il est
intrinsèquement meilleur pour une personne de recevoir les
possibilités préalables en vue d’un succès, que des
compensations d’un manque et cela est aussi moins cher pour
la collectivité.
- 2. Inclusion comme objectif essentiel de l’action sociale
: faire entrevoir une issue, de nouvelles chances…
- 3. Responsabilisation et prise de conscience : il n’y pas
de droits mêmes sociaux sans responsabilité.
- 4. Privilégier les individus par rapport aux structures :
désinstitutionaliser et rendre autonome.
- 5. Et enfin, les moyens pour atteindre ces objectifs : un
management moderne, participatif, privilégiant le
décloisonnement, la communication et la gestion des
ressources humaines.
Et tout cela, avec en outre une diminution des coûts de
fonctionnement, puisque la dotation du CPAS diminue de
247.893,50 € par rapport au budget 2002, soit, compte tenu
d’une inflation de 2%, en € constant, une diminution de 4%
de l’intervention communale afin de participer de manière
’’consolidée ’’ à l’effort financier.
Oui, à 100% : Oui à ce programme social, municipal PROACTIF,
il m’enthousiasme, il nous enthousiasme, nous étions
convaincus…, nous demeurons convaincus, que c’est cela la
bonne voie…
Je vous remercie de votre attention. »
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