Mon action au niveau communal

 

Conseil communal
Intervention publique

au nom du groupe

Conseil communal du 13 janvier 2003
« Demande de la création d’un Comité communal d’examen des demandes d’aide aux sinistrés »

« La commune doit faire preuve de solidarité en s’efforçant d’agir rapidement afin d’aider des sinistrés »
 

 « Monsieur le Bourgmestre,
Chers Collègues,

Suite au phénomène nouveau d’augmentation des crues que nous connaissons ces derniers temps et les conséquences qu’elles engendrent pour certains de nos concitoyens, je voudrais simplement à l’occasion d’un débat public, comme il doit en exister en démocratie, soumettre à votre appréciation des réflexions et surtout sur base de ces réflexions, soumettre des propositions au Collège, propositions que le Collège estimera et pourra s’il le souhaite, soumettre lui-même prochainement au vote du Conseil.

Bien entendu, je suis persuadé que le Collège et en particulier le Bourgmestre, n’a pas attendu les propositions que je vais faire pour agir, il me le confirmera très certainement et je l’en remercie d’avance.

- Il faut aussi souligner, les efforts fait par la Région vis-à-vis des communes sinistrées ainsi le Ministre Charles Michel a rappelé qu’en date du 24 octobre 2002, suite à une décision du Gouvernement wallon, les communes ont la possibilité d’obtenir des prêts sans intérêts au CRAC, afin qu’elles puissent indemniser directement les personnes victimes des inondations.
C’est donc là une opportunité que la Ville de Mons peut saisir.

Dés lors l’on peut concevoir pour une commune divers moyens à mettre en œuvre pour aider les sinistrés, moyens allant de l’extrême prudence et donc minimalistes à des solutions plus osées dont je vais vous entretenir.

1. La Solution prudente

- Le budget de la Ville étant tout juste en équilibre, la ville peut néanmoins demander un prêt sans intérêt au CRAC afin d’avancer un pourcentage à déterminer des montants réclamés et uniquement pour les sinistrés se trouvant dans les zones reconnues par le fonds des Calamités (Avec 24% du montant, l’on ne prend aucun risque).
Cette mesure implique d’attendre (un peu) la détermination des zones par le fonds des calamités.

Dans ce cas, l’on peut dire que la commune ne prend aucun risque, la commune est en outre subrogée dans les droits des sinistrés et donc sera indemnisée en lieu et place de ces derniers par le fonds des Calamités.

La commune peut aussi demander à la Région wallonne l’aide de fonctionnaires. En effet, le Ministre Charles Michel a proposé au Gouvernement Wallon que la Région wallonne mette à disposition des communes des fonctionnaires qui aident les sinistrés à remplir correctement les formulaires relatifs au fond des calamités.


2. Une mesure intermédiaire un peu plus audacieuse et surtout innovante

- C’est la constitution par la commune d’un Comité communal qui va mener carrément une procédure parallèle.
Ce Comité est composé du Bourgmestre, d’échevins, de conseillers communaux, de fonctionnaires, par exemple des services d’incendie, de Police ou des travaux et surtout d’un expert en assurance (par exemple de la SMAP).

Ce Comité va établir les dossiers de sinistrés :

- D’emblée, nous savons que le gros avantage de la procédure, consiste dans le fait que lorsque les dossiers arrivent au fond des Calamités ils ont nettement plus de poids.
En effet, c’est une commune qui se subroge aux sinistrés, pris individuellement et en outre, les dossiers sont non seulement mieux élaborés, mais le fonds des Calamités sait que l’estimation des dégâts est établie sérieusement par un professionnel qui a rendu visite aux sinistrés.

- Conclusion : les indemnisations par le fonds des Calamités se font beaucoup plus rapidement.

Alors, pour cette mesure intermédiaire ; des Fonds peuvent bien entendu aussi être avancés par la Commune, mais ici ces Fonds sont octroyés par décision motivée du Collège sur base de l’avis du Comité chargé d’examiner les dossiers.
Ces aides servent aux réparations de première nécessité ou pour subvenir aux besoins substantiels et vitaux des sinistrés.

Question importante : faut-il avant d’avancer les fonds, attendre la reconnaissance des zones par le fonds des Calamités et ne rentrer que les dossiers appartenant à ces zones ?

Compte tenu des critères de prudence et de la situation financière de la Ville, l’on est tenté de répondre par l’affirmative.
- Ainsi, la ville de Mons a rentré au Gouvernement provincial 200 demandes d’indemnisations pour un montant global de 250.000 euros !

Mais, je ne peux m’empêcher d’évoquer certains principes et mêmes valeurs et qui me fait penser que l’on pourrait envisager d’élaborer à tous niveaux de pouvoir d’autres solutions.

- Tout d’abord, l’on peut s’interroger sur la logique d’indemnisation par zone et non par cas.
En effet, une personne qui a subi un grave préjudice pourrait ne pas être indemnisée par le seul fait que son préjudice n’a pas eu lieu dans une zone reconnue, alors qu’un léger préjudice serait indemnisé parce qu’il a eu lieu dans une zone reconnue…

3. La mesure audacieuse…

- La mesure audacieuse, consisterait donc à ce que sur base du rapport du Comité communal créé pour établir les dossiers, des avances de fonds soient faites envers tous sinistrés retenus, avec évidemment, j’en conviens, le risque financier pour la Ville que par la suite, certains sinistrés ne soient indemnisés par le fonds des Calamités.

L’on pourrait quand même limiter fortement ce risque, ou aussi envisager par la suite de créer par exemple une sorte de : Fonds Communal de Solidarité Calamités (FCSC).

Comme vous pouvez le constater, ce sujet nous tient particulièrement à cœur.
En effet, nous pensons que toute action politique au sens noble du terme, c’est à dire : la conduite de la cité, doit reposer, même au niveau communal, je dirais même surtout au niveau communal : niveau le plus proche du citoyen ; doit reposer sur des principes de base et des valeurs.

Or, dans le principe d’égalité et notamment, des chances si l’on peut discuter sur le fait que la société ne doit pas nécessairement compenser le sort d’un individu, lorsque ce sort est le résultat de son choix, choix explicite ou même implicite, par exemple le résultat d’un manque d’efforts personnels.

Il nous paraît évident, que lorsque le sort d’un individu, n’est non plus le résultat de son choix personnel, mais le résultat de circonstances indépendantes de sa volonté, que là en fonction de ce principe d’égalité des chances, la société, les pouvoirs publics, doivent compenser et dès lors la solidarité s’exercer.

C’est indiscutablement le cas, par exemple pour un handicap physique, comme mon ami Willy (Mercier), vient d’en faire part au Conseil, mais aussi et surtout c’est le cas, lorsque des personnes sont touchées par des catastrophes ou simplement par des calamités naturelles.
En effet, les catastrophes naturelles sont à l’évidence, tout à fait indépendantes de l’attitude ou de la volonté des individus, elles font partie de ce qu’on peut appeler « la grande loterie de la nature ».

- Dans ces circonstances, de tout temps, et en tous lieux la solidarité humaine s’est exercée, et s’exerce :
je suis persuadé que nos concitoyens en sont parfaitement conscients et qu’ils comprennent parfaitement ce principe de base de la solidarité ; demain chacun d’entre eux, chacun d’entre nous peut devenir un sinistré.

- C’est pourquoi, je ne suis pas du tout certain, que dans de telles circonstances, nos concitoyens, pour autant qu’on leur explique convenablement n’accepteraient pas, de faire preuve de solidarité en aidant d’urgence les personnes les plus démunies victimes d’une calamité naturelle, calamité naturelle qui ne serait pas compensée par le fonds des Calamités.

Voilà, Monsieur le Bourgmestre, chers Collègues les idées et suggestions que nous voulons soumettre à votre appréciation et nous faisons entièrement confiance au Collège sur la suite qu’il estimera y réserver pour le bien des habitants de notre Ville.

Je vous remercie de votre écoute. »

 

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