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Intervention lors du vote du budget 2006 au conseil communal
du lundi 19 décembre.
Le budget 2006 est particulier, car c’est le dernier budget
que la majorité communale MR-PS constituée au lendemain des
élections d’octobre 2000 vote : les prochaines élections
auront lieu le 8 octobre 2006.
Il est d’autant plus particulier puisque les Libéraux ont
participé au pouvoir en détenant l’échevinat des finances,
et ce, après 36 ans d’opposition.
En outre, ce budget constitue l’étape essentielle d’un plan
de gestion pluriannuel prescrit par l’ancien Ministre MR de
tutelle Charles Michel.
En partant d’un budget 2000, voté par l’ancienne majorité
PS-PSC, budget qui fut réformé et d’une situation financière
catastrophique dont les projections établies par un Cabinet
de réviseurs d’entreprise à la demande du Ministre de
tutelle menaient la Ville à un « déficit cumulé à l’horizon
2005 de 4 milliards 550 millions FB », la nouvelle majorité
sortante peut présenter un budget 2006 en équilibre.
En partant de la situation de départ, j’explique le
processus qui a conduit à ce résultat pour terminer par les
espoirs et les défis pour l’avenir de la cité du dragon,
pour l’avenir des Montoises et des Montois.
Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames, Messieurs les Échevins,
Mes chers collègues,
Mesdames Messieurs,
Voici donc le dernier budget que cette majorité présente au
terme de cette législature communale.
Ce budget est donc particulier, car s’il demeure un acte de
prévision pour l’année qui s’annonce il est aussi en quelque
sorte la résultante de cinq années d’une nouvelle majorité
issue des élections 2000.
Cela d’autant plus que ce budget constitue l’étape
essentielle d’un plan de gestion pluriannuel prescrit par
l’ancien Ministre de tutelle Charles Michel.
Plan de gestion impliquant donc une planification
quinquennale prospective, mais aussi un schéma financier
consolidé de la Ville avec toutes ses filiales
interdépendantes telles que les Régies, certaines ASBL, les
intercommunales auxquelles elle est affiliée et bien entendu
son C.P.AS.
Comme pour toute évaluation objective, il convient donc :
1-De rappeler la situation de départ (d’où l’on vient)
2-Sur cette base quels ont été les objectifs fixés ?
3- Enfin de déterminer :
Quels résultats ont été atteints par rapport à ceux-ci ?
Quelles améliorations éventuelles pourrait-on encore
apporter ?
Que faut-il éventuellement rectifier ?
4- Et enfin, sans être pour autant « Madame soleil », mais
compte tenu de ces résultats où va-t-on ? Quelles sont les
perspectives pour notre ville.
Voilà donc le schéma que je vous propose.
Afin d’enlever toutes les équivoques et suspicions
possibles, je tiens d’emblée à préciser que je ne veux
absolument pas prétendre que c’est à cause de tel parti où
grâce à tel autre parti que telle situation où telle autre
situation s’est présentée où se présente.
Indépendamment des partis, il s’agit pour moi avant tout, du
résultat du travail d’une équipe cohérente d’hommes et de
femmes.
Je dois d’ailleurs vous avouer qu’en tant que Libéral, je
fais davantage confiance - et surtout en matière communale -
aux individus qu’aux structures des partis.
1. La situation de départ
Remontons donc le temps, dans les mêmes circonstances
qu’actuellement c'est-à-dire lors du vote du dernier budget
de la législature précédente : plus précisément le 14
décembre 1999 où le Collège présentait au Conseil communal,
son budget de l’année 2000.
À l’ordinaire, il présentait en dépenses 5 milliards 737
millions de FB et en recettes 5 milliards 957 millions de FB.
Parfait me direz-vous puisque le dernier budget présenté par
la précédente législature affichait à l’ordinaire : un boni
à l’exercice propre, de 4 millions 421 mille FB et en outre
un boni global de 220 millions 724 mille FB.
Et bien non et non !
Lors de cette séance mémorable, je dénonçais les tours de
passe-passe en disant au collège : « Vous vous prenez pour
des véritables « David Copperfield du budget »
Ainsi pour arriver à cette situation des recettes fictives
étaient inscrites, notamment :
- Une taxe sur des déversements sauvages alors qu’une taxe
ne peut s’appliquer à des situations illégales
- Une taxe sur les antennes extérieures alors qu’une
circulaire ministérielle interdisait cette taxe
- Une autre taxe sur des enseignes rendues obligatoires
comme celles des pharmaciens, aussi illégale.
- Et même une recette de 20 millions purement fictive pour
une soi-disant « compensation SHAPE »
Déduction faite de toutes ces recettes fictives, j’estimais
le déficit du budget à 165 millions FB et certainement pas
en boni.
À cette occasion le jeudi 16 décembre 1999 un journal
titrait : « Enterrement de 1re classe à Mons : l’opposition
déchaînée… » « (…) Bernard Beugnies (…) a démontré, chiffres
et graphiques à l’appui, que le budget 2000 était tout aussi
abracadabrant que les précédents »
Effectivement, peu de temps après, le Gouverneur de la
Province exerce son « droit d’évocation » du budget et suite
à ces recettes fictives, estime le déficit à 179 millions
858 mille FB.
Il demande au CRAC un rapport sur le budget 2000.
Le 21 janvier 2000, le CRAC remet son rapport au
Gouvernement wallon et conclut que suite au caractère
aléatoire de certaines recettes le mali provisoire est de
287 millions alors qu’un boni de 4 millions 400 mille avait
été présenté !
En outre, le CRAC qui remet un avis défavorable, effectue
pour l’avenir des projections pluriannuelles.
Dans ces dernières, il souligne notamment (je cite) «
l’influence récurrente des décisions prises en matière de
personnel sur les exercices futurs sera importante » (fin de
citation)
Et Le CRAC établit les projections suivantes :
- En 2001 le déficit budgétaire à l’exercice propre sera de
111 millions 260 mille
- En 2002, il sera de 77 millions 388 mille etc.…
Bien entendu les déficits ainsi cumulés font fondre le
soi-disant boni global et réduisent considérablement la
capacité d’investissement.
Enfin, devant ce rapport accablant du CRAC, le Ministre de
tutelle refuse le budget - ce qui est historique - le 16
mars 2000, la Province titre : « Coup de tonnerre ; le budget
2000 de la Ville refusé » et Nord-Eclair : « Feu rouge pour
le budget communal »
Le CRAC, avait-il exagéré la situation ?
Est-ce que j’avais exagéré la situation le 14 décembre 1999
lors du dernier vote du budget de la législature précédente
?
La nouvelle majorité issue des élections d’octobre 2000 se
met en place et en 2001 le Ministre de tutelle Charles
Michel, charge un Cabinet de réviseurs d’entreprises d’une
analyse des finances de la Ville, plus précisément : « d’une
estimation des charges (…) du passé non reflétée dans les
comptes ».
L’analyse se fait en deux étapes :
1) Une analyse de 1998 à 2001 (la plus récente disponible).
2) Une analyse de la projection de 2002 jusqu’à l’année
2005, jusqu’à maintenant.
L’analyse tient compte des charges et produits générés dans
le passé et qui ont un impact inéluctable dans le futur,
c'est-à-dire bien entendu au moins durant l’actuelle
législature communale.
Ainsi, l’analyse, constate : « une accélération des dépenses
par rapport à la stagnation des recettes conduisant à la
dégradation des résultats, et ce, malgré des prélèvements de
65 millions FB chaque année auprès du CRAC »
Mais l’analyse constate surtout la non prise en
considération de provisions pour dépenses inéluctables :
comme pour des irrécouvrables, comme pour un contentieux
nettement défavorable, comme pour des heures supplémentaires
ou des récupérations de congés de maladie en fonction des
prestations passées du personnel.
Et surtout, l’analyse constate une somme de 1 milliard 109
millions FB représentant le montant cumulé des cotisations à
verser à la SMAP en vue de faire face aux obligations en
matière de pension du personnel et jamais provisionné
hypothéquant ainsi les pensions du personnel communal.
Les rapports concluent que compte tenu de ces éléments non
provisionnés
:
« le déficit inéluctable de départ est de l’ordre de 1
milliard 900 millions FB » et qu’en partant de ce déficit
auquel vont venir s’additionner les déficits des années à
venir, déficits dus à l’accélération des dépenses résultant
de décisions passées, « le déficit cumulé escompté à
l’horizon 2005 sera de 4 milliards 550 millions FB »
Sera de : 4 milliards 550 millions FB fin 2005, fin 2005,
chers collègues Mesdames, Messieurs nous y sommes !
Dès lors que s’est-il passé ?
Qu’a-t-on fait ?
A-t-on augmenté les taxes de façon drastique afin de couvrir
un tel déficit présumé ?
Le calcul est simple, examinons :
Si le taux des additionnels est resté identique, au budget
de 2000 les taxes locales sont reprises pour un montant de
631 millions 859 mille FB soit 15 millions 663 mille EUROS.
Au budget 2006 les taxes locales sont reprises pour un
montant de 18 millions 808 mille EUROS, la différence couvre
à peine l’évolution de l’indice des prix à la consommation
durant une période de 6 ans.
L‘on peut donc affirmer que la fiscalité communale à Mons
n’a pas augmenté durant cette législature et même légèrement
diminué !
J’ai pu à la tribune du conseil provincial du Hainaut faire
ce même constat historique en ce qui concerne la fiscalité
provinciale hennuyère et bien voir à Mons les taxes
communales ne pas augmenter durant toute une législature
communale, je peux vous dire après prés de 30 ans de mandat
communal, que cela aussi c’est historique !
Ainsi, si en 2000 les taxes locales s’élevaient à 15
millions 663 mille EUROS en 1994 elles étaient de 9 millions
841 mille EUROS :
elles avaient donc augmenté lors de la législature
précédente par rapport à la législature pénultième de 60 %
et pour les résultats que nous connaissons !
2- Sur cette base quels ont été les objectifs fixés?
L’objectif prioritaire fixé était de pouvoir présenter un
budget en équilibre à l’exercice 2006, et ce, malgré une
aide « Tonus » allant en décroissant.
3- Le résultat a-t-il été atteint par rapport à cet objectif
?
Oui, cet objectif a été atteint.
Oui, cet objectif a été atteint, atteint, mais pas à
n’importe quel prix !
- Cet objectif est atteint malgré une fiscalité échangée.
- Cet objectif est atteint malgré la prise en charge de
certaines charges qui avaient été « oubliées » précédemment
comme les cotisations cumulées à verser pour la caisse de
pensions ou l’apurement d’irrécouvrables antérieurs à
l’année 1998 ou de certains contentieux.
- Cet objectif est atteint malgré des imprévus comme
l’augmentation progressive du pécule de vacances pour
l’ensemble du personnel et l’application de 30% de la RGB
dont les coûts au budget de 2006 représentent plus de 1
million 236 milles €.
La non-application de la RGB, c’est aussi c’est un coût
occulte reporté des deux précédentes législatures communales
sur cette législature.
C’est en effet, en 1994 que la Région Wallonne a émis une
circulaire concernant l’uniformisation des salaires, des
titres et des fonctions en proposant un délai de cinq ans
pour amortir les augmentations de salaire.
Maintenant, le personnel tant du point de vue de sa pension
que des perspectives de rémunération peut donc être rassuré.
- Cet objectif est atteint aussi malgré des investissements
considérables : plus de 19 millions € rien que pour le
programme 2006 et un total de plus d’un milliard 194
millions de charges complètes d’emprunts.
- L’on ne saurait vraiment pas faire plus au risque de
difficultés : il convient en effet d’être vigilant, les
nouvelles charges d’emprunts d’investissement étant déjà
supérieures à celles venant à échéance.
Vous conviendrez pourtant que des investissements sont
indispensables pour le développement et le rayonnement de
Mons, surtout si nous voulons devenir en 2015 « Capitale
européenne ».
Indiscutablement ces résultats ont pu être atteints grâce à
l’aide « Tonus » et là Mons ne peut que témoigner sa «
gratitude éternelle » au Ministre Charles Michel.
Mais il y a eu aussi des changements majeurs au sein d’un
collège, au sein d’une équipe d’hommes et de femmes.
Il y a eu comme une dynamique qui a rayonné au sein même du
conseil communal tout entier : si le foisonnement des idées
est encouragé, il doit dorénavant s’inscrire dans une
gestion rigoureuse des finances.
j’ai senti comme une révolution des mentalités :
Il était loin le temps où je me faisais huer par mes voisins
d’en face parce que je proposais de privatiser les repas
chauds :
- Ainsi, à Mons l’aide sociale devient proactive : nous
voulons continuer à encourager vos efforts dans ce sens,
notamment en faisant tout afin de faciliter l’accès de tous
à la propriété de son logement.
Le social n’est plus antinomique de gestion rigoureuse : le
CPAS participe aussi à l’effort, sa dotation a diminué 372
mille €.
- L’I.S.PH. n’est plus un tabou, un tabou dispendieux et
même si j’avais tout simplement préféré que l’on privatise
depuis longtemps le ramassage des immondices, l’absorption
de l’intercommunale nous fait gagner plus de 4 millions 400
mille €.
- L’Hôpital Ambroise Paré, tout aussi dispendieux endémique
— et cela aussi c’est historique — est enfin en équilibre et
grâce à une gestion rigoureuse, bravo !
— La reprise de l’enseignement secondaire communal par la
province permet un gain au minimum de 31.000 € en 2006 et du
double en 2007 et Messieurs Hamaide et Bailly peuvent voir
leurs craintes apaisées suite à la reprise de l’école
d’horticulture.
Pour cela, il leur suffit de venir ici derrière moi, ouvrir
la fenêtre pour constater la parfaite collaboration entre
les services communaux et les services des espaces verts
provinciaux qui nous ont magnifiquement garni la place.
4. Enfin, où va-t-on ? Qu’elles sont les améliorations les
projets éventuels que l’on pourrait encore apporter?
Si les réalisations ont été nombreuses durant cette
législature communale indiscutablement, l’avenir foisonne de
projets à inaugurer et à concrétiser. Tout un potentiel se
met en place pour un développement endogène de la Ville de
Mons.
Dans cette législature Mons a été reconnue officiellement «
Capitale Culturelle de Wallonie » et ne demande qu’à devenir
« Capitale Culturelle européenne » en 2015.
Nous avons du pain sur la planche !
Notre « Doudou » a été reconnu officiellement par l’UNESCO «
Patrimoine immatériel de l’humanité ».
À nous d’exploiter cette reconnaissance, continuons à
collecter les idées, les structures du budget participatif
pourraient servir à cet effet.
Constituons un dossier bien charpenté sur cette base mettons
nous en quête d’investisseurs pour le réaliser.
Faisons rayonner « Notre Saint-Georges » et « Notre Dragon »
de par le monde.
Je vous réitère mon idée de rouvrir une mine, là où vivrait
le Dragon et où des touristes y descendraient voir un
théâtre permanent du célèbre combat de Saint-Georges.
Nous sommes toujours convaincus que c’est le développement
de la Ville qui résoudra en grande partie les problèmes
sociaux et les problèmes d’emploi et qu’il faut dès lors
continuer à stimuler « L’esprit d’entreprise » notamment en
encourageant nos indépendants.
L’étude de trois économistes publiée dans la revue du mois
de septembre de « l’Institut wallon de l’évaluation de la
prospective » et de la statistique, corrobore cette thèse :
(je cite) Ainsi, la part des indépendants permet d’expliquer
que certaines régions peu qualifiées sont néanmoins
créatrices, car probablement plus favorables aux valeurs
entrepreneuriales (fin de citation).
Je suis aussi persuadé, qu’il serait souhaitable de
réfléchir ensemble à une autre approche des services «
d’expansion économique ».
Par exemple, à l’image de ce qu’ont fait certaines grandes
Villes comme Orléans, pourquoi ne pas chercher à l’étranger
des bureaux dont le métier est de prospecter
systématiquement et de débusquer les investisseurs
potentiels ?
Nous sommes cependant réalistes, si la situation financière
s’est assainie, nous ne nageons certainement pas dans
l’opulence et il convient de rester extrêmement vigilant.
L’aide Tonus doit se terminer en 2007 et sans cette aide, le
déficit annuel endémique de la Ville de Mons, conséquence du
passé est de l’ordre de 10 millions €.
Heureusement, certains remboursements de gros emprunts
d’assainissement des années 1980 vont venir à échéance, mais
cela ne suffira pas.
Sans une révision du fonds des communes où une aide
quelconque, de nouveaux efforts financiers importants
devront donc être entrepris au-delà de cette législature.
En outre, je suis persuadé, qu’une amélioration de la
gestion de la trésorerie est encore possible, il faudra se
pencher au plus tôt sur une étude de celle-ci.
À cet égard, je lis dans la note de politique générale page
33 :
(je cite) « La gestion dynamique de la Dette. C’est un
aspect souvent méconnu des finances communales et pourtant
porteur d’économies substantielles. Il faut entendre par
gestion dynamique de la dette, une maîtrise rigoureuse de
l’évolution des marchés financiers.
Ces démarches sont possibles grâce à une excellente
collaboration entre les services financiers de la ville et
les organismes bancaires.
Étant donné les gains enregistrés en 2005 grâce à cette
Gestion Dynamique de la Dette, il est clair que la volonté
du collège des bourgmestre et échevins est de vivement
encourager cette démarche en 2006. » (fin de citation)
Je me réjouis donc de cette déclaration, car c’est
effectivement un facteur « porteur d’économies
substantielles » et je l’avais souligné :
C’est notamment grâce à cette gestion dynamique que la
province de Hainaut a vu durant cette législature sa dette
fondre d’un tiers.
En effet, le taux moyen des intérêts payés à court terme par
la Province est inférieur à 2 % !
Voilà, Mesdames Messieurs les Bourgmestres et échevins,
chers collègues, le budget 2006 de fin de législature, un
budget-vérité, un budget transparent qui n’a rien de
comparable avec le budget mensonger 2000 de la fin de la
législature communale précédente, budget qui fut réformé.
Nous, nous ne laisserons aucune « ardoise » au collège
et à la majorité qui seront issus des élections d’octobre
2006, mais au contraire un budget sain et plein d’espoir
pour notre Ville.
Sur cette base, nous sommes prêt à entreprendre et avec
l’aide de Saint-Georges nous sommes prêts à relever les
défis, les défis pour l’avenir de la cité du Dragon…, pour
l’avenir des Montoises et des Montois.
Je vous remercie de votre attention.
Bernard Beugnies
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