La Ville songe aux billets de trésorerie
L'idée vient des bancs MR et fait son petit bonhomme de chemin. Tout bon, paraît-il, pour les finances communales.
La pratique n'est pas neuve. Elle a déjà cours à d'autres niveaux de pouvoir, comme la Communauté française, la Région wallonne ou les provinces, celle de Hainaut notamment.
Des villes aussi s'y sont essayées aussi, avec bonheur semble-t-il. C'est le cas de Gand et de Louvain. Côté francophone, Liège a émis en août 2001 pour 100 millions d'euros de billets de trésorerie.
À Mons, l'idée a été soulevée par le chef de file du MR communal, BERNARD BEUGNIES « Ce procédé peut être très intéressant pour les emprunts à court terme, insiste ce dernier. Les finances communales pourraient effectuer des gains substantiels en terme de taux d'intérêt. »
C'est là en effet le principal avantage de la formule. Le billet de trésorerie est un billet au porteur négociable, émis par une entreprise ou une institution autre qu'un organisme bancaire pour lui procurer des capitaux à court terme.
Interrogé par le député montois Richard Miller, par ailleurs échevin des finances MR de la Ville de Mons, sur l'opportunité pour les communes de recourir aux billets de trésorerie, le ministre de tutelle Philippe Courard (PS) a souligné l'utilité de cet instrument qui sert à la fois d'emprunt pour l'émetteur et d'investissement pour l'acquéreur.
« Les billets de trésorerie sont négociés en dehors de l'activité des crédits bancaires
, a rappelé le ministre. Le contact est noué directement entre l'emprunteur et le prêteur. L'intermédiaire (que l'on nomme aussi « l'arrangeur », NDLR) se contente de mettre en contact de l'offre et la demande. Et le taux auquel ils s'accordent est, en conséquence, soustrait aux taxes et marges bancaires liées à la prise de risques dans le chef d'organismes bancaires. »Jusqu'à 2 % de moins
Que le taux classique
En clair,
l'économie réalisée peut atteindre 2
% de différence sur le taux d'un
emprunt classique. Sur des dizaines,
voire des centaines de milliers, et
pourquoi pas des millions d'euros
empruntés, le jeu en vaut la
chandelle. À Mons, des réunions
d'information se sont déjà tenues
entre des représentants communaux,
les hauts fonctionnaires concernés
et la banque Dexia qui jouerait le
rôle d'arrangeur. Elles se sont
révélées positives. L'échevin des
finances Richard Miller vient de
confirmer qu'il soumettra une note
d'information au collège après le
congé de Pâques.

