Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame, Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,
Mesdames, Messieurs,
Un article signé Jean Pierre Stroobant dans le Monde du 9
novembre 2006 commence par ces phrases :
(Je cite) « La Wallonie vient d'enregistrer le taux de
chômage le plus élevé de son histoire : 19 % de la
population active.
La situation a incité les patrons wallons, mercredi 7
novembre, à mettre en cause le système éducatif de la région
francophone belge :
La moitié des chômeurs n'a pas de diplôme de l'enseignement
secondaire et des milliers de postes restent vacants, faute
de qualification suffisante des candidats » (fin de
citation)
Un ouvrage paru il y a quelques jours sur le « Plan Marshall
» intitulé « Le plan prioritaire de la Wallonie » édité par
l’UCL confirme ce fait.
Par ailleurs, Le CRIOC (Centre de Recherche et d’Information
des Organisations des Consommateurs) constate qu’au cours de
ces dix dernières années le pouvoir d’achat a diminué de
plus de 2% et que cette diminution a plus spécialement
touché les plus démunis.
Même l’actuel Premier Wallon, adepte de la méthode Coué et
de la « suggestologie », n’est pas parvenu dans ses récentes
déclarations à suggérer une « pensée positive » (sic) à
l’égard du taux de chômage wallon !
En ce qui concerne plus particulièrement le Hainaut, je ne
vous apprends rien si je vous dis que depuis des années la
Province de Hainaut reste la Province de Belgique qui cumule
les handicaps socio-économiques et en particulier chez les
jeunes où le taux de chômage des moins de 25 ans dépasse
toujours les 30 %, soit deux fois plus que la moyenne des
quinze.
Cet état des lieux a d’ailleurs été souligné l’année
dernière par notre Gouverneur lors de sa mercuriale du 6
octobre 2005.
État des lieux constaté malgré les nombreuses aides,
notamment européennes et régionales, à tel point que le
Trends/Tendances du 12 mai 2005 titrait :
(je cite) « Le Hainaut mérite-t-il l’argent européen ? »
(fin de citation)
Il ne faut pas perdre de vue que même si parfois l’on se
réjouit de voir notre taux de croissance du Produit
Intérieur Brut tendre à s’inscrire dans le taux de
croissance moyen européen, que notre handicap de départ
demeure par rapport à ce dernier.
Il paraît pourtant évident que pour rattraper quelqu’un qui
ne vous attend pas, il faut nécessairement courir plus vite
que lui et que plus l’on attend pour le faire, plus vite il
faudra courir par la suite pour le rattraper !
Je ne veux pas entrer dans la polémique de l’utilisation des
aides européennes en Hainaut, mais un fait m’interpelle plus
que tout autre :
C’est que des études récentes viennent encore nous confirmer
que notre région figure parmi les régions les moins
entreprenantes d’Europe.
Ainsi, l’équipe du « Gem » (Groupe d’Economie Mondiale)
établie à Londres et comprenant des chercheurs du monde
entier concluait que seulement 3,9 % de la population en âge
de travailler avait été impliquée dans la création d’une
activité nouvelle au cours des 42 derniers mois alors que la
moyenne pour les pays de l’Union Economique Européenne est
de 8,3%.
L’année dernière lors de mon intervention je rappelais les
constats et thèses émises depuis des années par de nombreux
économistes et sociologues :
Une Culture négative et en particulier :
« une espèce de fatalisme ambiant, une peur de l’avenir, un
manque de foi en ses possibilités, une mentalité d’échec et
d’assisté sont la cause d’un déficit « entrepreneurial» en
Hainaut »
Depuis les ouvrages du sociologue Max Weber, nous savons
qu’il existe une forte corrélation entre « l’état d’esprit »
d’une population et l’état son économie.
Le professeur Michel Quévy de l’UCL a confirmé cette thèse à
de nombreuses reprises dans ses recherches sur le déclin
wallon.
Autrement dit il ne sert à rien de polémiquer sur
l’utilisation des aides européenne en Hainaut si un déficit
entrepreneurial persiste.
Veuillez m’excuser de l’expression, mais elle est parlante ;
l’on a beau injecter toutes les aides possibles :
« L'on ne sait pas faire boire un âne qui n’a pas soif ! »
Le courrier hebdomadaire du CRISP (N° 1919-1920) (Centre de
Recherche et d’Information Socio-Politique), portant le
titre « le plan Marshall pour la Wallonie » dans ses
conclusions corrobore cette thèse en ce qui concerne
l’injection prévue d’un milliard d’euros sur quatre ans.
Si d’une part il constate que dans une économie ouverte et
de petites tailles, l’effet macroéconomique de cette
injection est pratiquement négligeable, d’autre part il
ajoute (je cite) :
« Mais, c’est sans doute en termes d’image et d’évolution
sociologique que le plan peut produire ses effets les plus
profonds et les plus durables.
Le plan peut contribuer à faire mieux accepter par les
Wallons la nécessité dans laquelle la Région se trouve
d’entreprendre et de créer de l’activité économique
marchande.
Par ailleurs, le plan Marshall comporte un appel explicite à
un changement d’état d’esprit qui apparaît comme la
principale innovation sociologique (…), son insistance sur
la nécessaire création d’activités économiques marchandes
permet de penser qu’il s’agit d’une attitude générale plus
favorable à l’esprit d’entreprise » (fin de citation)
D’autres constats s’imposent :
Des économistes français ont dernièrement établi une « Loi
des 15% », propre à une économie moderne de croissance.
C’est à dire que suite aux mutations technologiques de plus
en plus rapides et des nouveaux marchés qui se créent :
Annuellement 15% d’emplois se détruit, mais est au moins
compensé par 15% d’emplois qui se crée dans des nouveautés.
C’est ce que l’économiste Schumpeter appelait le processus
de « destruction créatrice ».
Dès lors, alors qu’il était possible par le passé
d’envisager sa vie auprès d’un même employeur et dans des
conditions de relative stabilité, le travail de demain
s’exercera dans la diversité, dans une grande mobilité et
dans une constante réadaptation.
En outre, l’évolution actuelle vers une économie fondée sur
les services donnera de plus en plus l’opportunité à de
nombreuses personnes de lancer leur propre entreprise.
Dès lors, les compétences et les attitudes entrepreneuriales
sont devenues dans de nombreux domaines les compétences
essentielles à acquérir.
Or, le dernier rapport « Gem » (Groupe d’Economie Mondiale)
sur l’activité entrepreneuriale, auquel j’ai fait référence,
précise :
(Je cite) « Par ailleurs, l’enseignement, en particulier au
niveau primaire et secondaire, n’encourage pas des
comportements entrepreneuriaux comme la prise d’initiative,
la créativité et l’autonomie.
Ce jugement négatif, aux yeux des experts, peut expliquer le
manque d’allant et d’envie des jeunes à l’option
entrepreneuriale de leur carrière professionnelle.
En comparaison avec la plupart des pays européens, la Région
semble baigner dans une mentalité et un contexte Culturel
qui n’encouragent pas les comportements entrepreneuriaux, la
prise de risques et la création d’entreprises. » (fin de
citation)
À cet égard, je dois vous dire que durant la dernière
législature, lors des visites de la « Commission
Enseignement » dans différentes institutions scolaires
provinciales des régions du Hainaut, j’ai été
particulièrement enchanté par la qualité de notre
enseignement et son innovation dans de nombreux domaines.
Néanmoins, un point m’a interpellé :
Lorsque j’interrogeais des élèves sur leurs intentions de
créer leur propre emploi, notamment comme indépendant; très
rares étaient ceux qui répondaient positivement.
Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame, Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,
Pourtant… pourtant, j’ai acquis la conviction que notre
enseignement provincial peut devenir le moteur du
développement et de la diffusion d’une Culture
entrepreneuriale et dès lors jouer un rôle essentiel dans le
développement de notre province.
La diffusion à moyen terme dans le Hainaut de l’esprit
entrepreneurial grâce à notre enseignement, facteur
essentiel de relance ; vous imaginez quel projet ambitieux
qui peut à jamais valoriser notre institution provinciale !
Les outils nous les avons :
- Le recentrage sur notre métier de base essentiel que
constitue notre enseignement, reconnu pour ses innovations
pédagogiques.
- « Hainaut développement », qui pourrait aussi jouer un
rôle de relais entre le monde de l’enseignement et celui de
l’économie.
À nous dès lors d’exploiter à fond ces atouts et d’établir
un vaste projet dans ce sens en utilisant pleinement nos
compétences, nos ressources humaines et de provoquer des
synergies mobilisatrices.
La volonté nous l’avons aussi :
Le point 1 de la note de politique provinciale 2006, titre :
(je cite) « Un enseignement innovant » (…) ; « Privilégier
l’innovation pédagogique » (…) ; « La Province, en tant que
Pouvoir Organisateur, prône le changement plutôt que la
continuité :
Elle adaptera ses méthodes aux réalités pour évoluer en même
temps que la société (…) »
« Continuer à former les professeurs à l’enseignement par
compétences »
« Aujourd’hui, nous devrons poursuivre notre travail en
définissant et en maintenant les grands axes sur lesquels
reposeront nos projets »
- En outre, lors de son intervention à l’occasion du budget
2007, Madame la Députée provinciale, a longuement insisté
sur (je cite) :
« La nécessaire adéquation entre une formation de qualité et
les attentes du marché », qui « est plus que criante ».
(Je cite toujours) « Il nous faudra aussi développer
davantage notre enseignement qualifiant (…), en organisant
encore une meilleure adéquation entre formation et emploi,
ou en continuant à former les professeurs à l’enseignement
par compétence. »
« Parmi les actions envisagées, nous devons notamment
continuer à privilégier l’innovation pédagogique (…) comme
nos écoles du futur » (fin de citations)
Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame, Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,
Voilà donc bien ce que je propose :
Que l’axe 1 de notre enseignement provincial vise :
« La création et la diffusion de l’esprit entrepreneurial »
La question essentielle que je me suis posée et qui a été
l’objet de ma recherche, a été :
Peut-on réellement enseigner l’entrepreneuriat ?
Vous remarquerez que je parle d’entrepreneuriat plutôt que
d’esprit d’entreprise.
L’entrepreneuriat est un terme plus général que l’esprit
d’entreprise, c’est ce que les Anglo-saxons nomment l’entrepreneurship
Le concept d’entrepreneuriat ne consiste pas seulement à
créer sa propre entreprise, mais à créer son propre emploi.
Il s’agit de former des acteurs de la vie sociale qui ne
soient pas appelés à occuper un poste, mais à le construire.
Pendant longtemps en Europe, l’entrepreneuriat a été
considéré comme non enseignable, car disait-on :
« Enseigner l’entrepreneuriat ne pouvait relever d’une
démarche optimisée et reproductible à l’infini. »
Il a fallu attendre les années 80 pour que des premières
formations voient le jour, mais elles sont encore restées
trop limitées aux écoles supérieures de commerce.
Où depuis une dizaine d’années seulement au système éducatif
supérieur.
Néanmoins, un pas de géant était accompli :
L’entrepreneuriat, n’était plus considéré comme une qualité
innée, mais devenait une discipline d’esprit et d’action qui
désormais pouvait être l’apanage de beaucoup pour peu qu’on
les y forme ou les renforce.
Dorénavant, l’on considère donc que l’on peut :
« Apprendre à entreprendre ».
Si une formation entrepreneuriale n’aboutit pas
nécessairement à des créations effectives d’entreprises,
elle vise à encourager des attitudes d’autonomie, de
réactivité et à travailler en équipe ou en réseau.
Elle forme au développement de soi et à la capacité à
traduire des idées en projets.
Il s’agit de former maintenant des acteurs de la vie sociale
et entrepreneuriale qui ne soient pas appelés à occuper un
poste pour lequel ils sont momentanément qualifiés, mais à
le construire !
- Dans le milieu des années 90, en Belgique, la réforme de
l’enseignement qualifiant prône ces qualités, qualités qui
visent surtout selon le paradigme de « l’employabilité » à
l’acquisition de compétences, compétences transférables d’un
type d’emploi plutôt qu’à la préparation à un emploi
spécifique.
Le Décret-mission de 1997, formalise l’existence de profils
qui place le paradigme des compétences au centre du projet
scolaire actuel.
- En février 2001, le rapport du Conseil de l’éducation de
l’Union européenne comporte une section entière à la
nécessité de développer l’esprit d’entreprise « tout au long
du parcours d’éducation et de formation »… « Tout au long »
- En Espagne, depuis 2004-2005 l’enseignement de
l’entrepreneuriat est intégré dès le primaire dans les
programmes scolaires et un guide du professeur intitulé «
l’esprit d’entreprendre, moteur du futur » a été distribué à
l’ensemble des professeurs espagnols
Ainsi, l’entrepreneuriat s’étend et devient progressivement
un nouveau concept pédagogique.
Il n’est pas une discipline académique comme aux États-Unis,
ni une matière, mais une attitude consistant à promouvoir
sous différentes formes, une démarche pas seulement de
création d’entreprise, mais de son propre emploi :
L’objectif essentiel de l’enseignement devint
progressivement de former à devenir l’entrepreneur de sa
propre carrière !
Il faut néanmoins constater qu’en Europe, et plus
particulièrement chez nous en Communauté Française que cette
approche reste timide, manque de structures et de méthodes
dans son application.
Nous évoluons encore beaucoup trop dans une Culture de
l’imitation au métier trouvé et de l’imitation des gestes
professionnels :
Nous devons désormais entrer dans une Culture de
l’initiative du métier à inventer ou à recréer.
L’entrepreneuriat n’est pas une somme de qualifications, il
s’agit d’un vrai changement Culturel à insuffler.
Changement qui doit être construit à l’école pour ensuite se
diffuser dans tout le corps social.
Et là,
Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame, Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,
Je pense que les Québécois nous montrent la marche à
suivre….
Depuis quelques années, l’objectif du gouvernement Québécois
est d’insuffler la fibre entrepreneuriale aux jeunes et le
plus tôt possible.
Ainsi, l’enseignement Québécois est entièrement orienté vers
cette démarche dés les primaires, l’entrepreneuriat est
devenu dés le départ la compétence transversale essentielle.
Un premier plan d’action scolaire triennal 2004-2005-2006,
sous l’appellation « Défi de l’entrepreneuriat jeunesse »
avec le sous-titre révélateur « Mon avenir à ma manière » a
été élaboré et vient de se terminer avec des résultats
probants.
Dans le but de diffuser cet esprit dans toute la société,
une première journée nationale de la Culture
entrepreneuriale a été inaugurée le 16 novembre 2006.
Le Ministère de l’Éducation, du Loisir et des Sports a fait
élaborer sous le titre « Invitation à la Culture
Entrepreneuriale » un « Guide d’élaboration de projet à
l’intention de tout le personnel enseignant »
Ce guide constitue une réflexion pédagogique sur
l’entrepreneuriat en tant que valeur éducative et vise
surtout à mieux outiller le personnel enseignant dans la
concrétisation de projets à valeur entrepreneuriale.
- Une campagne de sensibilisation a été mise sur pied.
- Des modules de formations pour les enseignants ont été
réalisés en coopération avec les organisations
professionnelles où des entrepreneurs sont associés aux
programmes de formations.
Et une stratégie mûrement réfléchie avec la participation de
nombreux acteurs a débouché sur un vaste plan d’action.
Ainsi, une série de moyens concrets sont utilisés ; je vous
en cite :
- La conception d’activités pédagogiques adaptées à
l’enseignement primaire et secondaire :
Cette démarche suppose la mise en œuvre de programmes
spécifiques pour les enseignants qui par la suite
deviendront des agents multiplicateurs en formant d’autres
enseignants au sein du pouvoir organisateur.
- La création d’un site Internet de formation (Guide du
maître et de l’élève)
- La production de documents didactiques de soutien ainsi
que des activités de sensibilisation.
- Le développement d’un réseau d’écoles micro-entreprises
- La mise en place d’un cours intitulé : « Lancement d’une
entreprise »
- La création d’évènements et de lieu d’échange, notamment
en organisant des colloques qui réunissent des initiateurs
de projets, des entrepreneurs et différents intervenants
voués à la diffusion de l’entrepreneuriat et à ses valeurs
en milieu scolaire.
- La création de clubs d’entrepreneurs étudiants
- L’organisation de concours sur la réalisation la plus
originale ou sur le Meilleur projet éducatif à l’esprit
d’entreprendre :
Ainsi, un concours Québécois en entrepreneuriat qui
s’adresse aux jeunes du milieu scolaire se déroule jusqu’au
19 mars 2007.
- L’identification des meilleures initiatives afin de les
généraliser et de constituer un centre de ressources mis à
la disposition des acteurs éducatifs.
- La mise sur pied d’un réseau de personnes ressources et de
soutien à la mise en œuvre d’activités entrepreneuriales.
- L’appel à des personnes reconnues pour leur réussite,
leurs compétences dans différents secteurs et pratiquant
vis-à-vis des jeunes le mentorat.
Dans beaucoup de cas, ces personnes sont en fin de carrière
ou à la retraite et donc disponibles.
- Enfin, lors des activités scolaires des entrepreneurs sont
invités; ceux-ci viennent livrer un témoignage aux jeunes et
partager leur expérience.
Les entrepreneurs, peuvent ainsi êtes perçus comme des
modèles à suivre.
En effet, il faut être conscient que si la perception de
l’efficacité s’acquiert par le biais des expériences
personnelles, elle s’acquiert aussi par l’exemple donné par
autrui, c’est ce que l’on appelle « l’expérience vicariante
» :
« Pour être fier d’entreprendre il faut nécessairement
pouvoir être fier de ceux qui entreprennent ! »
C’est donc l’inverse de ce qui est chez nous trop souvent de
mise :
« La Culture de la médiocrité », où l’on a peur de mettre en
évidence ceux qui réussissent.
Pour avoir l’envie d’entreprendre les jeunes ont besoin de
modèles de réussite et dans notre région plus que partout
ailleurs !
Ainsi, pas plus loin que la semaine dernière une assistante
sociale du CPAS de la Ville de Mons me déclarait
qu’actuellement il n’était pas rare de venir en aide à une
famille où l’on comptait la troisième génération de
Minimexés !
Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame, Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,
Je pense que notre enseignement provincial est
l’enseignement qui peut le mieux réussir ce pari.
Il peut mieux réussir ce pari, car l’enseignement provincial
a déjà levé des obstacles majeurs tant dans la rigidité des
programmes que dans les méthodes pédagogiques.
Les exemples ne manquent pas :
- Ainsi, « l’école du futur » :
« L’école du futur » se base essentiellement sur «
l’apprentissage par projets ».
L’apprentissage par projet consiste à comprendre des
concepts et des principes par des réalisations de projets de
manière à construire un savoir dans un champ illimité de la
connaissance.
La méthode des projets s’appuie sur un processus naturel qui
est celui de l’action :
L’élève poursuit un but qui l’intéresse et trouve ainsi
l’énergie pour acquérir les connaissances nécessaires à sa
réalisation.
Les enseignants deviennent des personnes ressources
Je pense qu’il faut aller plus loin encore, car « Le projet
entrepreneurial », s’appuie lui sur l’idée d’une production
qui crée un bien, un service, un événement.
Il s’agit ici de produire de la nouveauté, d’innover, de
mener des actions en vue d’un bien, d’un service, d’un
événement à créer qui ont une valeur dans notre milieu parce
qu’ils répondent à un besoin.
Si la structure est semblable, entre « l’apprentissage par
projets » et « le projet entrepreneurial » ce qui distingue
essentiellement le projet entrepreneurial, c’est qu’il ne
produit pas seulement un savoir, mais… qu’il est
mobilisateur en générant une action originale et inédite.
Autre exemple :
- Dans notre enseignement supérieur, là « le projet
entrepreneurial » est d’application dans certaines sections.
Ainsi, en Hainaut Occidental dans la section « graduat en
agronomie » :
Seulement un tiers d’environ 130 étudiants de première
parvenait à obtenir le diplôme de fin d’études.
Sous l’appellation évocatrice: « Cartes en mains pour
entreprendre », dorénavant « un projet entrepreneurial »
couvre les trois années :
- En première année un séminaire de confiance en soi a été
mis au point.
Il est suivi par la recherche d’un projet et des visites
d’entrepreneurs performants
- En deuxième année le projet choisi est accompagné
techniquement.
- Et en troisième année avec la collaboration de
l’Intercommunale IDETA et de la « Maison de l’Entreprise »,
l’on passe au travail de fin d’études.
Ce travail porte sur la faisabilité et la réalisation
concrète du projet, c'est-à-dire aussi à la création de son
propre emploi.
Création de son propre emploi dans des domaines offrant des
débouchés par exemple : l’élevage, la fabrication de
fromages, etc.
Après des résultats encourageants, la section kinésithérapie
compte appliquer très prochainement la méthode.
- Et enfin, un exemple très tôt…, dans notre enseignement
primaire :
- « L’école Victor Mirguet » en collaboration avec une
pédagogue exerçant en France dans différents milieux
scolaires, a l’année scolaire dernière parfaitement réussi
l’expérience: « d’un projet entrepreneurial ».
Des enfants de 10 à 12 ans sont passés du rêve à la réalité
:
Dans une démarche interdisciplinaire, les enfants sont
partis à la découverte de Mons.
Cela a débouché par la création d’une maquette autour de
laquelle les enfants ont élaboré des textes, poèmes,
dessins, photos…
Afin, le tout a été imprimé dans un ouvrage qui a été
présenté par les enfants lors d’une conférence de «
presse-événement» tenue à l’Hôtel de Ville de Mons.
Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame et Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,
Vous pouvez constater que dans l’enseignement provincial
hennuyer il existe un potentiel indiscutable à développer un
apprentissage et une pédagogie de « l’esprit d’entreprendre
» et de « l’entrepreneuriat ».
Je vous propose que tout notre système éducatif évolue
rapidement et activement vers la systématisation et la
généralisation de ce concept !
Il faut absolument, forger l’avenir du Hainaut par des
actions qui ciblent l’amont du processus entrepreneurial,
c'est-à-dire à un stade où l’envie d’entreprendre prend
consistance.
Cela suppose dès lors, une politique inscrite dans le long
terme, politique qui cible en premier lieu l’enseignement :
Notre enseignement !
Je vous propose que l’enseignement provincial devienne le
fer de lance d’un changement de mentalité, changement qui
sera diffusé dans tout le corps social de notre province et
constituera dès lors le moteur essentiel d’un développement
endogène hennuyer.
- Concrètement je pense qu’il faut constituer « un Groupe »
qui mettra en œuvre ce projet ; rassemblera tous ceux qui
ont déjà effectué ce genre d’expérience dans notre
enseignement, rassemblera aussi tous ceux qui veulent
apporter leur savoir-faire au projet : enseignants,
pédagogues, mais aussi entrepreneurs externes.
Ce « Groupe » apportera tout le soutien nécessaire au corps
professoral et diffuser partout dans le Hainaut ce
changement Culturel.
- Effectuer une mission au Québec afin de prendre les
contacts nécessaires et se rendre compte concrètement des
résultats que les Québécois ont obtenus en vue d’une
collaboration future sur ce plan, me semble aussi opportun.
- Il faudrait aussi, me semble-t-il, mettre sur pied :
« Un observatoire pédagogique de l’esprit entrepreneurial »
Cet observatoire aurait pour mission d’évaluer la
progression du projet et les résultats obtenus.
Nous avons les ressources et les compétences humaines
adéquates !
Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame et Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,
Je pense qu’il n’y a pas de temps à perdre, car il s’agit
d’un travail de longue haleine dont on pourrait voir, j’en
suis, des résultats concrets et importants à la fin de cette
législature.
Mais quel travail exaltant !
C’est un projet ambitieux, mais je le crois très
sincèrement, c’est un projet vital pour notre province et…
quel défi, quel défi pour notre institution provinciale :
« La Province de Hainaut réapprenant les Hennuyers à
entreprendre !