Mon action au niveau provincial

 


Conseil Provincial du Hainaut

Intervention publique
à la tribune du Conseil provincial du Hainaut


Conseil provincial d’octobre 2003

Il faut que la Région de Mons-Borinage devienne un « pôle culturel » majeur.
La Culture peut être un facteur de redressement économique d’une Région.
Les pouvoirs publics doivent promouvoir notre patrimoine régional, le faire « rayonner » en Europe et « mettre en réseau » ses atouts.
 

« Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Messieurs les Députés permanents
Chers Collègues,
Mesdames, Messieurs,


Les activités culturelles sont devenues une composante essentielle de l’activité économique.

Dans une économie de plus en plus basée sur la connaissance, l’art est devenu une source d’avantages compétitifs.

Par exemple, lorsqu’une entreprise compte s’établir dans une région, elle examine son aspect environnemental et l’offre culturelle est un des éléments d’appréciation du choix de l’implantation géographique.

En outre, l’élévation du niveau moyen de formation, l’accroissement du temps disponible font que les personnes sont de plus en plus ouvertes à la Culture :
ainsi chaque année la demande culturelle solvable croît de quelque 10 %.

Rudy Demotte, alors Ministre de la Culture déclarait le lundi 28 janvier 2002 devant la Chambre de commerce franco-belge de Marcq-en-Baroeul :
(je cite) « En Europe, la Culture est déconsidérée, pourtant, comme le sport, elle est un des leviers majeurs du développement économique. (…). Les biens immatériels sont porteurs de plus-values. Ce serait dommage de ne pas utiliser ce potentiel » (fin de citation)

En effet, des projets culturels contribuent de plus en plus à l’amélioration du cadre de vie et à la revitalisation d’une région ; en Europe l’expérience la plus réussie est la construction du Musée Guggenhein à Bilbao où les fonds publics investis dans ce projet ont été, en peu de temps entièrement ’’rentabilisés ’’ notamment au travers des retombées sur le secteur horeca.

- Vous l’avez compris, la question des retombées socio-économiques de la Culture se pose de plus en plus aux décideurs politiques.

Et en ce qui concerne le site du Grand-Hornu, les responsables du site s’étaient d’ailleurs posé la question de savoir si
« la région de Mons-Borinage était culturellement pauvre parce qu’économiquement faible, ou à l’inverse ; économiquement pauvre, car culturellement faible »

Ainsi, j’ai pu confier à trois étudiants de fin de licence en Sciences politiques la réalisation de mémoires portant sur ce thème et l’un d’entre eux a pris comme sujet d’analyse le site historique du Grand-Hornu.

C’est donc, des conclusions de cette étude que je vais vous faire part.

En effet, vous pouvez, à juste titre vous interroger sur la justification de certaines dépenses, puisqu’en ce qui concerne les inscriptions se rapportant au Grand-Hornu, figurent au budget :

- Quelque 607.000 euros en dépenses de personnel ;
- 338.000 euros de charges annuelles d’emprunts ;
- 309.000 euros de subsides à l’asbl Grand Hornu Image ;
- Des dépenses d’investissement de 1.300.000 euros
- Des travaux de réparation de 250.000 euros et un subside extraordinaire d’un peu
moins de 250.000 euros

Sans compter qu’à l’heure actuelle, le Musée d’Arts Contemporains dispose du plus important budget parmi ceux accordés aux musées conventionnés par la Communauté française.

Se basant sur des enquêtes, l’étude porte notamment sur l’appréciation des flux économiques liés aux activités présentes sur le site.
Ces flux sont de trois ordres :

1 - Les effets directs, qui concernent les dépenses des visiteurs comme le ticket d’entrée, ainsi que les salaires reçus.

2 – les effets indirects, qui concernent les dépenses connexes consenties à l’occasion de la consommation du produit culture : hôtels, restaurant, transport…

3 - Et enfin, les effets induits, qui sont l’impact de l’effet multiplicateur de ces dépenses sur l’économie locale.

- En outre, il faut tenir compte d’aspects plus immatériels, par exemple le sentiment de fierté dont peuvent faire preuve les habitants de la région considérée, ainsi que tous les avantages liés à un climat plus favorable dans un milieu plus cultivé et plus créatif.

Et bien, de l’originale symbiose entre le site d’archéologie industriel, l’ASBL de gestion « Grand Hornu Image » et du Musée d’art Contemporain, il ressort trois grandes caractéristiques :

1- Le Grand Hornu est devenu une ressource spécifique.

2- Le Grand Hornu dispose d’un ancrage territorial qui se combine déjà avec son inscription sur la scène internationale.

3- Le Grand Hornu engendre des retombées de type développement local.


1- Le Grand Hornu est devenu une ressource spécifique

La volonté politique de faire d’un site d’archéologie industrielle voué à disparaître, un projet culturel de haute envergure en y intégrant d’une façon, des plus originale, un Musée des Arts contemporains, a permis de faire passer le nombre de visiteurs d’une moyenne de 25 000 à plus de 88.000 visiteurs (mesurés de septembre 2002 à juillet 2003).

Ainsi dés l’ouverture du Musée d’Art contemporain, le site connaît une fréquentation en large hausse :
l’exposition inaugurale du musée « l’herbier et le nuage » du 17 septembre 2002 au 5 janvier 2003 a attiré 46.629 visiteurs !

Pour vous donner un critère d’évaluation, d’après une enquête réalisée en 1996 :
sur environ la moitié des musées en Communauté française (soit 193), la moitié d’entre eux accueillent moins de 5.500 visiteurs par an.

- Il faut en outre souligner, qu’il faut effectuer plus de 600km pour trouver en France un site aussi bien conservé que le site du Grand-Hornu.

- Il est donc indéniable que le site du Grand-Hornu, est passé au fils des ans, d’un site voué à la démolition, à un site reconnu comme l’un des sites d’archéologie industrielle les mieux conservés d’Europe.
L’on peut donc dire, que le site du Grand-Hornu, tel le phénix qui renaît de ses cendres, est actuellement devenu : « une ressource spécifique » pour la Région.


2- Le Grand Hornu dispose d’un ancrage territorial se combinant avec l’inscription sur la scène internationale

- Les expositions proposées par l’asbl « Grand Hornu Images », visent à resserrer les liens avec le voisinage immédiat du Musée, en permettant aux habitants du quartier de « s’approprier » le musée.

Afin d’accentuer cet ancrage, tout en désacralisant l’œuvre d’art contemporaine, des actions originales sont mises en œuvre :
ainsi, tous les habitants du quartier ont reçu des cartes de visite nominatives avec le logo du Musée et sous le nom de la personne, la mention « voisin »
- quant à l’inscription du site du Grand-Hornu sur la scène internationale, elle se fait notamment au travers de brochures d’information, brochures en version bilingue, voire quadrilingues ; par des participations à des salons internationaux de tourisme et de loisirs (Berlin, Londres, Paris, Montréal) et également par deux sites internet.

- L’on peut citer également les liens étroits qui sont établis avec le Musée d’art Moderne de Lille, où les personnes visitant le musée d’Art Moderne de Villeneuve d’Ascq sont systématiquement informées des activités du Grand-Hornu, ainsi l’enquête révèle qu’environ 25% des visiteurs sont français.

3 - Le Grand Hornu engendre déjà des retombées de type « développement local »

- Outre les effets les plus apparents de type culturel comme les missions éducatives, le partenariat et les expositions dont j’ai parlé, ainsi que le fait d’amener le grand public à se familiariser avec les arts contemporains et par là d’étendre ses connaissances ;

- Bien que difficilement quantifiables, des retombées de type socio-économique qu’elles soient directes, indirectes ou induites sont incontestables :
elles se sont notamment traduites, par l’engagement de personnes demandeuses d’emploi formées à leur nouveau métier dans un environnement culturel favorable.

- En outre, l’influence des lieux sur l’image de la région Mons-Borinage est incontestable

- le Musée d’Art Contemporain du Grand Hornu a révélé le site industriel à toute la Belgique, mais également au delà des frontières.

Dés lors ;
Le Grand-Hornu, a tous les atouts pour jouer un rôle de développement local et devenir un véritable pôle régional.

Le développement local consiste à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies concertées pour le développement intégré d’un territoire.


Et une condition pour qu’un projet soit considéré comme étant de développement local est qu’il s’appuie sur des ressources spécifiques, or, or je l’ai souligné, le Grand-Hornu est devenu une ressource spécifique :

savez-vous que d’après l’enquête 96 % des visiteurs interrogés…, 96% des visiteurs interrogés, ont affirmé vouloir revenir au Grand-Hornu ? !

- Mais, pour que le Grand-Hornu, joue réellement ce rôle et que son potentiel soit exploité au maximum, des améliorations doivent encore être réalisées, améliorations s’inscrivant dans la mise en œuvre d’une stratégie de développement local.

Ainsi, l’étude relève que l’image de la région ne changera réellement qu’au terme d’efforts conjoints réalisés par les institutions culturelles et touristiques.
J’insiste sur le terme conjoint, des efforts conjoints.

En effet, le développement local suppose une mise en réseau, ce qui veut dire que les différents acteurs doivent entretenir entre eux des relations spécifiques, renforçant leurs stratégies propres.

Dans cette optique, les relations à la fois personnelles et informelles, sont complémentaires aux relations formelles et jouent un rôle majeur dans le développement local.

Ainsi, outre, quelques améliorations internes mineures portant par exemple sur l’attractivité de la cafétéria ou l’absence de terminaux bancaires dans les lieux,

l’enquête a relevé que les améliorations doivent notamment porter sur :

1- La convivialité du site internet, qui ne donne pas un plan d’accès des lieux et manque de mise à jour des sites en langues étrangères.
2- Le manque de liaison du site internet de la commune de Boussu vers le site du Grand Hornu et du Mac’s

Et surtout :

3- Une difficulté de trouver le Grand Hornu par manque d’indication routière.
Les panneaux indicateurs sur la nationale, sont noyés dans la masse et le site n’est pas repéré à partir de l’autoroute.

4- Enfin, le manque d’infrastructures aux abords immédiats du Grand-Hornu, ainsi que le manque de liaison du site vers d’autres lieux, par exemple : vers Frameries ou vers Mons ; Mons, faut il le rappeler, sacrée Capitale culturelle de Wallonie et avec en outre, son site unique et flambant neuf des Grands-Prés
.

C’est là, je le crois essentiel !

Car, conséquences importantes :
d’après l’enquête, 86 % des visiteurs interrogés, 86% des visiteurs interrogés, sont venus directement au Grand-Hornu, sans avoir flâné au préalable dans la région environnante et 60 % disent rentrer directement chez eux, après la visite du site.
Voila donc, Monsieur le Président, Monsieur le Gouverneur, Messieurs le Députés Permanents, chers Collègues, vers quoi les pouvoirs publics, solidaires, mais aussi le secteur privé devront se pencher.

Et j’en suis persuadé, une fois de plus, la Province y jouera, un rôle moteur, mais aussi le rôle de courroie de transmission entre les différents acteurs à tous les niveaux, tant publics que privés.

La Province, justifiera ainsi parfaitement son appellation de pouvoir intermédiaire et prouvera par là, une fois de plus toute son utilité.

Dés lors, l’on pourra, dans un concept de chaînage et de mise en réseau, vraiment faire jouer au Grand-Hornu, un rôle essentiel d’attractivité, de pôle économico-culturel et touristique, « diffusant son espace » dans la Région et « débordant » à l’extérieur, afin de jouer un rôle majeur dans le développement local de notre Région.

Je vous remercie de votre attention. »
 

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