Mon action au niveau provincial

 


Conseil Provincial du Hainaut

Intervention publique
à la tribune du Conseil provincial du Hainaut


Conseil provincial d’octobre 2003

« L’enseignement en alternance »
qui confronte d’emblée les étudiants au monde de la réalité du travail et garanti une meilleure adéquation entre l’offre et la demande de travail est l’avenir de l’enseignement technique et professionnel : l’enseignement provincial doit y préparer les enseignants.


« Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Messieurs les Députés permanents
Chers Collègues,
Mesdames, Messieurs,


Je vais vous faire une confidence :

il y a malheureusement longtemps, trop longtemps, alors que je venais pour la première fois d’être élu au conseil communal de la Ville de Mons, sous le règne de feu Abel Dubois, s’est posé pour moi un problème, le problème qui se pose à tous les parents :
« dans quelle école vais-je inscrire mon fils afin qu’il y fasse ses études maternelles et primaires ? »

Et bien à l’époque, une école sortait du lot, elle se présentait comme pionnière en matière pédagogique :
elle inaugurait avec la collaboration et le suivi de l’Université de Mons Hainaut, ce qu’on appelle le cycle 5/8.

Le cycle 5/ 8 est conçu notamment pour adoucir le passage de la maternelle aux primaires, il intègre réellement les parents à l’école, les parents participent à vie de l‘école notamment dans des ateliers de lecture où ils viennent par exemple conter des histoires aux enfants.

C’était véritablement une innovation pédagogique de faire entrer ainsi les parents à l’école et sans hésiter, avec mon épouse, je pris mon fils par la main et l’y conduisit…
cette école, Monsieur le Président, chers collègues, cette école, cette école…, c’était une école provinciale !

Je suis dés lors très heureux de constater que l’enseignement provincial renoue avec cet esprit, cet esprit de pionnier, de « pionnier pédagogique ».

L’école du futur en est un exemple probant !

Bien sûr, bien sûr, de nombreux pédagogues, « théoriciens en chambre », nous « bassinent » depuis pas mal de temps :

- avec l’autonomie d’apprentissage… mais à la province de Hainaut, on l’applique

- avec le décloisonnement des matières… mais à la province de Hainaut, on l’applique

- avec l’utilité d’associer le sport et les études…mais à la province de Hainaut, on l’applique

- Bien sûr, depuis de nombreuses années, l’on nous entretient de l’efficacité incomparable de pratiquer réellement les langues étrangères à l’école ?
et bien…, à la province de Hainaut, l’immersion linguistique, on l’applique

- Bien sûr, la pédagogie du projet n’est pas neuve, mais sur le terrain, à part Freinet dans les années 1950 et quelques expériences limitées, spécialement aux USA, rien de bien particulier…
mais à la province de Hainaut on l’applique.

En mai dernier, au Grand-Hornu, j’ai eu l’honneur de présider une 3éme commission sous la forme d’un forum sur le thème : « Valoriser l’enseignement technique et professionnel ».
Dans ce forum, on a largement débattu de l’enseignement en alternance : un atelier y était spécialement consacré.

Bien sûr, le dicton populaire : « C’est en forgeant que l’on devient forgeron », ne date pas d’hier.

L’idée de la reconnaissance des effets formateurs du travail n’est donc pas neuve.

Mais ce qui est neuf : c’est l’interrogation croissante sur les manières de renforcer, de systématiser ou de modéliser les ’’savoir-faire’’ dans une situation et un environnement « naturel » de travail et organisationnel.

L’expérience ne se transforme pas nécessairement en acquis, il faut corréler les faits, les interpréter, les analyser pour finalement les conceptualiser.

Cette démarche novatrice, d’acquisition des compétences, doit permettre de transférer ce que l’on a appris dans une situation donnée spécifique, dans d’autres situations.

L’on passe ainsi d’un « savoir-faire » à un « savoir agir »

La démarche implique un nouveau concept, c’est le concept « d’organisation apprenante », avec tous les aménagements, tous les apprentissages et tous changements qu’il occasionne.

C’est donc loin d’être évident :
la formation en prise directe avec l’entreprise, va nécessairement de pair avec une modification en profondeur des modes d’organisation du travail, de gestion des ressources humaines, mais aussi du tutorat : on ne s’improvise pas tuteur ou superviseur, pas plus que formateur !

Pour que la formation en situation de travail réussisse, il importe qu’elle soit pensée dans un cadre global impliquant la gestion des ressources humaines et des méthodes pédagogiques dans la perspective de « l’organisation apprenante »,

C’est donc un sérieux pari :

- D’une part, dans l’organisation, où l’on risque de se heurter à des problèmes de « niches de pouvoir informel », qui se voient perturbées ; de changement des mentalités : par exemple par la simple acceptation du droit à l’erreur ; mais aussi à des problèmes d’aménagement physique de l’organisation.

- Et d’autre part, du côté du personnel enseignant, je dirais traditionnel, où l’on risque de se heurter à certaines appréhensions, appréhensions légitimes qu’impliquent tout changement, mais aussi de craintes sur leur devenir, craintes que l’on peut d’ailleurs déjà percevoir parmi certains enseignants provinciaux concernés.

Pour réussir, ce virage vers l’enseignement en alternance, il est donc essentiel de rassurer, rassurer tout en formant à l’expertise de cette forme d’enseignement.

En outre, dans ce processus qui associe au maximum le travail et la formation, la collaboration entre les différents acteurs et l’organisation est essentielle.

- Vous le comprenez, Monsieur le Président, chers collègues, l’enjeu est de taille et certainement beaucoup moins simple qu’il n’y paraît à première vue.

Certes, il ne faut pas considérer la formation en situation de travail comme une panacée, mais elle doit trouver sa juste place et elle est certainement appelée à avoir une place de plus en plus importante à côté des autres modes de formations plus traditionnels.

Je pense que la formation en alternance va devenir irremplaçable :

- En effet, la formation en alternance est la formule idéale pour une socialisation dans le milieu réel du travail et au sein même des organisations.

- L’enseignement en alternance, peut faciliter la recherche et les possibilités de trouver un emploi.

- L’enseignement en alternance, est aussi et surtout le moyen le plus efficace, tout en étant le mois onéreux, pour permettre l’acquisition et le développement de certaines compétences spécifiques sur du matériel de pointe, hautement performant, mais aussi hors de prix.

- L’enseignement en alternance intègre parfaitement le concept que dans un monde entrepreneurial, il n’y a vraiment qu’une seule chose qui ne change pas vraiment, c’est le changement !

Il faudra vaincre certaines appréhensions, appréhensions que l’on peut déjà percevoir parmi le personnel enseignant concerné.

Il faudra dés lors faire preuve de beaucoup de psychologie :
le meilleur moyen de faire accepter un changement reste la communication et la participation à ce changement des acteurs concernés.

Le performant département des ressources humaines de la province pourra donc ici aussi, j’en suis persuadé, jouer un rôle essentiel.

L’on s’est engagé à ce que le forum sur l’enseignement technique et professionnel de mai dernier au Grand-Hornu soit suivi d’effets : il le sera, j’en suis aussi persuadé !

Je propose ainsi, dans un proche avenir, une 3e Commission sur le thème de l’enseignement en alternance, mais en y faisant participer les enseignants concernés et « faiseurs d’opinions »

Ensuite, je pense que l’on pourrait élaborer avec des groupes de travail la mise en place du processus.
Il s’agirait vraiment de mettre en œuvre dans une démarche participative le passage progressif vers l’enseignement en alternance.

Je suis persuadé que là aussi, l’enseignement provincial ne s’en tiendra pas qu’au discours et que l’enseignement provincial saura, comme pour la mise en œuvre sur le terrain d’une authentique pédagogie du projet ; comme pour l’application qu’une véritable immersion linguistique, faire preuve une fois de plus de cet esprit pionnier qui le caractérise.

Merci de votre attention. »

 

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