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« Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Messieurs les Députés permanents
Chers Collègues,
Mesdames, Messieurs,
Je vais vous faire une confidence :
il y a malheureusement longtemps, trop longtemps, alors que
je venais pour la première fois d’être élu au conseil
communal de la Ville de Mons, sous le règne de feu Abel
Dubois, s’est posé pour moi un problème, le problème qui se
pose à tous les parents :
« dans quelle école vais-je inscrire mon fils afin qu’il y
fasse ses études maternelles et primaires ? »
Et bien à l’époque, une école sortait du lot, elle se
présentait comme pionnière en matière pédagogique :
elle inaugurait avec la collaboration et le suivi de
l’Université de Mons Hainaut, ce qu’on appelle le cycle 5/8.
Le cycle 5/ 8 est conçu notamment pour adoucir le passage de
la maternelle aux primaires, il intègre réellement les
parents à l’école, les parents participent à vie de l‘école
notamment dans des ateliers de lecture où ils viennent par
exemple conter des histoires aux enfants.
C’était véritablement une innovation pédagogique de faire
entrer ainsi les parents à l’école et sans hésiter, avec mon
épouse, je pris mon fils par la main et l’y conduisit…
cette école, Monsieur le Président, chers collègues, cette
école, cette école…, c’était une école provinciale !
Je suis dés lors très heureux de constater que
l’enseignement provincial renoue avec cet esprit, cet esprit
de pionnier, de « pionnier pédagogique ».
L’école du futur en est un exemple probant !
Bien sûr, bien sûr, de nombreux pédagogues, « théoriciens en
chambre », nous « bassinent » depuis pas mal de temps :
- avec l’autonomie d’apprentissage… mais à la province de
Hainaut, on l’applique
- avec le décloisonnement des matières… mais à la province
de Hainaut, on l’applique
- avec l’utilité d’associer le sport et les études…mais à la
province de Hainaut, on l’applique
- Bien sûr, depuis de nombreuses années, l’on nous
entretient de l’efficacité incomparable de pratiquer
réellement les langues étrangères à l’école ?
et bien…, à la province de Hainaut, l’immersion
linguistique, on l’applique
- Bien sûr, la pédagogie du projet n’est pas neuve, mais sur
le terrain, à part Freinet dans les années 1950 et quelques
expériences limitées, spécialement aux USA, rien de bien
particulier…
mais à la province de Hainaut on l’applique.
En mai dernier, au Grand-Hornu, j’ai eu l’honneur de
présider une 3éme commission sous la forme d’un forum sur le
thème : « Valoriser l’enseignement technique et
professionnel ».
Dans ce forum, on a largement débattu de l’enseignement en
alternance : un atelier y était spécialement consacré.
Bien sûr, le dicton populaire : « C’est en forgeant que l’on
devient forgeron », ne date pas d’hier.
L’idée de la reconnaissance des effets formateurs du travail
n’est donc pas neuve.
Mais ce qui est neuf : c’est l’interrogation croissante sur
les manières de renforcer, de systématiser ou de modéliser
les ’’savoir-faire’’ dans une situation et un environnement
« naturel » de travail et organisationnel.
L’expérience ne se transforme pas nécessairement en acquis,
il faut corréler les faits, les interpréter, les analyser
pour finalement les conceptualiser.
Cette démarche novatrice, d’acquisition des compétences,
doit permettre de transférer ce que l’on a appris dans une
situation donnée spécifique, dans d’autres situations.
L’on passe ainsi d’un « savoir-faire » à un « savoir agir »
La démarche implique un nouveau concept, c’est le concept «
d’organisation apprenante », avec tous les aménagements,
tous les apprentissages et tous changements qu’il
occasionne.
C’est donc loin d’être évident :
la formation en prise directe avec l’entreprise, va
nécessairement de pair avec une modification en profondeur
des modes d’organisation du travail, de gestion des
ressources humaines, mais aussi du tutorat : on ne
s’improvise pas tuteur ou superviseur, pas plus que
formateur !
Pour que la formation en situation de travail réussisse, il
importe qu’elle soit pensée dans un cadre global impliquant
la gestion des ressources humaines et des méthodes
pédagogiques dans la perspective de « l’organisation
apprenante »,
C’est donc un sérieux pari :
- D’une part, dans l’organisation, où l’on risque de se
heurter à des problèmes de « niches de pouvoir informel »,
qui se voient perturbées ; de changement des mentalités :
par exemple par la simple acceptation du droit à l’erreur ;
mais aussi à des problèmes d’aménagement physique de
l’organisation.
- Et d’autre part, du côté du personnel enseignant, je
dirais traditionnel, où l’on risque de se heurter à
certaines appréhensions, appréhensions légitimes
qu’impliquent tout changement, mais aussi de craintes sur
leur devenir, craintes que l’on peut d’ailleurs déjà
percevoir parmi certains enseignants provinciaux concernés.
Pour réussir, ce virage vers l’enseignement en alternance,
il est donc essentiel de rassurer, rassurer tout en formant
à l’expertise de cette forme d’enseignement.
En outre, dans ce processus qui associe au maximum le
travail et la formation, la collaboration entre les
différents acteurs et l’organisation est essentielle.
- Vous le comprenez, Monsieur le Président, chers collègues,
l’enjeu est de taille et certainement beaucoup moins simple
qu’il n’y paraît à première vue.
Certes, il ne faut pas considérer la formation en situation
de travail comme une panacée, mais elle doit trouver sa
juste place et elle est certainement appelée à avoir une
place de plus en plus importante à côté des autres modes de
formations plus traditionnels.
Je pense que la formation en alternance va devenir
irremplaçable :
- En effet, la formation en alternance est la formule idéale
pour une socialisation dans le milieu réel du travail et au
sein même des organisations.
- L’enseignement en alternance, peut faciliter la recherche
et les possibilités de trouver un emploi.
- L’enseignement en alternance, est aussi et surtout le
moyen le plus efficace, tout en étant le mois onéreux, pour
permettre l’acquisition et le développement de certaines
compétences spécifiques sur du matériel de pointe, hautement
performant, mais aussi hors de prix.
- L’enseignement en alternance intègre parfaitement le
concept que dans un monde entrepreneurial, il n’y a vraiment
qu’une seule chose qui ne change pas vraiment, c’est le
changement !
Il faudra vaincre certaines appréhensions, appréhensions que
l’on peut déjà percevoir parmi le personnel enseignant
concerné.
Il faudra dés lors faire preuve de beaucoup de psychologie :
le meilleur moyen de faire accepter un changement reste la
communication et la participation à ce changement des
acteurs concernés.
Le performant département des ressources humaines de la
province pourra donc ici aussi, j’en suis persuadé, jouer un
rôle essentiel.
L’on s’est engagé à ce que le forum sur l’enseignement
technique et professionnel de mai dernier au Grand-Hornu
soit suivi d’effets : il le sera, j’en suis aussi persuadé !
Je propose ainsi, dans un proche avenir, une 3e Commission
sur le thème de l’enseignement en alternance, mais en y
faisant participer les enseignants concernés et « faiseurs
d’opinions »
Ensuite, je pense que l’on pourrait élaborer avec des
groupes de travail la mise en place du processus.
Il s’agirait vraiment de mettre en œuvre dans une démarche
participative le passage progressif vers l’enseignement en
alternance.
Je suis persuadé que là aussi, l’enseignement provincial ne
s’en tiendra pas qu’au discours et que l’enseignement
provincial saura, comme pour la mise en œuvre sur le terrain
d’une authentique pédagogie du projet ; comme pour
l’application qu’une véritable immersion linguistique, faire
preuve une fois de plus de cet esprit pionnier qui le
caractérise.
Merci de votre attention. »
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