La revue trimestrielle "fait et gestes" du printemps 2006,
publiée par le Secrétariat Général du Ministère de la
Communauté française et consacrée aux bénéficiaires des
allocations d'études souligne le paradoxe de la Province de
Hainaut pour l'enseignement secondaire: alors que c'est
la province de Hainaut qui présente les revenus moyens par
habitant les plus bas; c'est la province de Hainaut qui
reçoit l'allocation moyenne d'étude la plus basse !
En outre, le groupe le plus défavorisé - à bas revenu
équivalent - reçoit proportionnellement deux fois moins
d'allocations d'étude dans la province de Hainaut que dans
la province de Brabant.
Quelle est la cause de cette situation ?
Dans sa réponse la Députée Permanente en charge de
l'enseignement provincial qui a interrogé le Gouvernement de
la Communauté française sur le sujet me répond : "
"Il y a donc un déficit pour le Hainaut qui, sur base des
mêmes critères socio-économiques, demeure inexpliqué, de
l'aveu même de l'administration de la Communauté française
que j'ai fait interroger sur ce point ".
"La Direction Générale (de l'enseignement provincial) a été
chargée de faire des propositions pour améliorer le système"
Conseil
provincial du 16 mai 2006
Question orale du conseiller provincial Bernard Beugnies,
Président de la Commission enseignement
Allocations d’études
Dès l'origine de la Belgique, notre société inspirée de la
Révolution française a prôné la liberté et l’égalité.
Et des idées comme « l’égalité, c’est d’abord balayer les
ignorances » ou « l’instruction c’est la liberté ! »
En Belgique l’enseignement gratuit a toujours été considéré
par les partis démocratiques comme le meilleur moyen de
tendre vers « l’égalité des chances ».
Malgré l’enseignement obligatoire gratuit, un coût subsiste
c’est le coût d’opportunité, c'est-à-dire le coût engendré
par le manque à gagner durant la réalisation de ses études.
Ce coût est important pour les plus démunis, or
l’enseignement constitue un formidable moyen d’ascension
sociale.
Ainsi, le système d’allocation d’étude fait mieux, puisqu’il
aide les plus méritants à poursuivre leurs études.
La revue trimestrielle "Faits et gestes" du printemps 2006,
publiée par le Secrétariat Général du Ministère de la
Communauté française a été consacrée aux bénéficiaires des
allocations d'études.
Chaque année, prés de 150.000 dossiers sont traités par le
Services des Allocations et Prêts d'études qui ouvrent le
droit au bénéfice d'une bourse à plus de 100.000 jeunes; un
élève sur quatre de l'enseignement secondaire, et presque un
étudiant sur six dans l'enseignement supérieur
universitaire, artistique et non universitaire.
Les allocations d'études sont destinées aux jeunes "de
conditions peu aisées" qui suivent un enseignement de plein
exercice dans un établissement de l'enseignement secondaire
ou supérieur, organisé, subventionné, ou reconnu par la
Communauté française.
La préoccupation essentielle doit être bien entendu : "Les
moyens disponibles sont-ils judicieusement distribués et
ceux qui en ont le plus besoin en ont-ils aisément accès ?"
Dans ce cas, l'allocation d'étude moyenne devrait être
inversement proportionnelle aux revenus moyens par provinces
et aux tranches des revenus les plus bas.
La province de Hainaut, province dont les revenus moyens par
habitant sont les plus bas devrait donc recevoir
l'allocation d'étude moyenne la plus haute
Or, l'étude souligne le paradoxe de la Province de Hainaut
pour l'enseignement secondaire; c'est elle qui reçoit
l'allocation moyenne d'étude la plus basse :
159€, contre 169€ en province de Namur et 181€ dans la
province de Liège et dans la zone Brabant-Bruxelles.
En outre, dans le Hainaut, la tranche des plus bas revenus
(moins de 2.500€/an) représente à peine 10% des
allocataires, alors qu'elle est de 14% en province de Liège
et de 20% dans la zone Brabant-Bruxelles.
Donc le groupe le plus défavorisé — à bas revenu équivalent
— reçoit proportionnellement deux fois moins d’allocations
d’étude dans la province de Hainaut que dans la province de
Brabant !
- La conclusion qui vient immédiatement à l'esprit, c'est
qu'en Hainaut plus qu'ailleurs, une partie des bénéficiaires
potentiels ne demande pas d'allocation d'études, soit par
méconnaissance du système, soit parce qu'ils ne remplissent
pas les conditions d'octroi (en particulier, avoir réussi
l'année scolaire précédente), ou encore parce qu'ils sont en
"décrochage social" (ce qui paraît le plus proche de la
réalité !)
1) Seule une enquête permettrait d'approfondir l'analyse, ou
pouvez-vous déjà y apporter des éléments de réponse ?
2) Si le pourcentage d'allocataires par rapport à la tranche
des plus bas revenus représente en moyenne à peine 10% des
allocataires en Hainaut, peut-on connaître par rapport à ce
taux, le pourcentage d'allocataires qui fréquente
l'enseignement secondaire provincial ?
3) Je sais que la responsabilité incombe essentiellement à
la Communauté française, mais la province de Hainaut ne
pourrait-elle intervenir dans ce sens auprès de la
Communauté française et réaliser « une opération marketing »
dans son enseignement afin de faire connaître davantage les
possibilités d'allocation d'étude et d'inciter les plus
démunis à faire les démarches afin de les obtenir ?
- Il me semble que ces questions, relatives à la formation
pour tous, sont de la plus haute importance pour
l’émancipation sociale de notre province et pour son avenir.
Bernard Beugnies
Conseiller provincial
Conseil
provincial du Hainaut du mardi 16 mai 2006-05-16
Réponse de la Députée Permanente en charge de
l’enseignement, Annie Taulet en réponse à la question du
Conseiller provincial, Président de la Commission
enseignement Bernard Beugnies.
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Président,
Messieurs les Députés permanents, Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs les Conseillers provinciaux,
Mesdames, Messieurs,
La question de Monsieur le Conseiller provincial, Bernard
Beugnies, me permet de faire le point sur un outil, le
Service des allocations et prêts d'études, qui constitue une
avancée sociale importante dans la mesure où il contribue à
faciliter l'accès aux études aux enfants et jeunes adultes
les moins favorisés sur le plan socio-économique.
En cette époque où tant de familles connaissent des
difficultés matérielles, nous ne pouvons que soutenir ce
type de politique.
Le service des allocations d'études relevant des compétences
de la Communauté française, il ne me revient évidemment pas
de répondre aux questions de Monsieur BEUGNIES.
Il n'en reste pas moins que les informations diffusées par
la revue « Faits et gestes » nº 18 sont interpellantes.
Mes collaborateurs ont donc pris contact avec les services
communautaires concernés qui, rapport d'activité 2004-2005 à
l'appui, m'ont apporté les corrections et informations
complémentaires suivantes :
En 2004-2005, 16 millions d'€ ont été consacrés aux
allocations d'études, au profit de 89.000 élèves du
secondaire, soit 1 élève sur 4.
Dans le même temps, en Hainaut, 4,98 millions d'€ ont servi
à octroyer une allocation d'études à 29.000 élèves, soit 33%
des allocataires, alors que la population scolaire hennuyère
représente 30% des effectifs du secondaire.
En termes de nombre de demandes introduites et d'octrois
d'allocations, le Hainaut semble donc correctement
représenté, au regard de sa démographie et de son niveau
socio-économique.
Par contre, l'allocation moyenne dans le Hainaut est de 169
€ alors qu'elle est de 180 € à l'échelle de la Communauté
française, avec un minimum de 158 €
dans le Luxembourg et un maximum de 194 € sur le Brabant
dont les statistiques intègrent Bruxelles.
Il y a donc un déficit pour le Hainaut qui, sur base des
mêmes critères socio-économiques, demeure inexpliqué, de
l'aveu même de l'administration de la Communauté française
que j'ai fait interroger sur ce point.
Nous ne disposons pas des éléments d'analyse qui nous
permettraient de déterminer les causes de ce déficit et il
ne nous revient pas de nous lancer ici dans différentes
ébauches d'explications hypothétiques.
Plus concrètement, en qualité de Députée permanente,
Présidente de l'Enseignement provincial, j'ai demandé à la
Direction Générale des Enseignements si, dans nos
établissements, les élèves et leurs parents recevaient une
information efficace sur les possibilités offertes en
matière d'allocations d'études.
Je peux vous confirmer que cette information est bien
communiquée partout, au moment des premières inscriptions
d'élèves.
J'ajouterai qu'à ma demande, la Direction Générale a été
chargée de faire des propositions pour améliorer le système.
Par exemple, l'information utile sera imprimée dans les
pages de garde des journaux de classe.
Ou encore, on veillera à ce que l'information soit répétée à
l'occasion de chaque inscription de l'élève, et non plus à
la première.
D'autres pistes seront proposées et je ne manquerai pas de
tenir Mesdames et Messieurs les Conseillers informés des
suites de ce dossier.
Je vous remercie de votre bonne attention.
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