La cavalcade de Jemappes

 

Si Jemappes fêtait le 100ème anniversaire de sa cavalcade d’après l’ouvrage de feu Alain Audin (Député MR d’un jour de l’arrondissement de Mons-Borinage) et de Charles Cambier « Au pays de la Haine », 1977, l’origine est plus lointaine :

p. 152

(…) Voilà une manifestation dont Jemappes, à juste titre, tire une certaine fierté. Quelle est son origine? Le 30 mars 1862, la société Saint-Eloi, présidée par M. Deberse, le père de l' ancien mayeur, décidait d' organiser un cortège folklorique et religieux dans le but de récolter des fonds et de venir en aide aux pauvres de la commune. Ce but philantropique allait, jusque 1950 environ soit durant près d'un siècle, rester la motivation des cortèges carnavalesques jemappiens. Durant près de vingt ans, la société Saint-Eloi a récidivé : son cortège se composait de chars représentant les diverses activités locales. D' année en année, toutefois, il allait perdre son aspect religieux. Au début des années 1880, le cortège devint une véritable cavalcade. Il y avait des centaines de chevaux à Jemappes, la disparition de ceux-ci allait amener les organisateurs à concevoir le cortège d'une autre manière. Et voilà les gilles... On vit se constituer, dans la localité, toute une série de groupes aussi divers les uns que les autres. Dès avant 1900, on eut des gilles. Les sociétés musicales jemappiennes participaient à cette manifestation en travestis. Là se rattache l' apparition du bon géant "Dominique ", qui prenait place parmi les membres costumés de l' harmonie libérale. En 1902, un groupe de quatre cents figurants représenta la guerre des Anglais et des Boers. Des canons, tirés par des chevaux, lançaient des oranges, ce qui eut pour don de porter à son comble l' enthousiasme des spectateurs, venus nombreux cette année-là. Comme après ! car, au fil du temps, le cortège du lundi de Pâques a gardé son pouvoir d' attraction sur les foules. Voyons un peu le programme des cavalcades de 1887 et 1907. Si le premier est plus ancien, le second présente, selon nous, plus d' intérêt. Ce programme imprimé par les établissements Glorieux et Dresselaers, 285, Grand'Route, dans la localité, avait été mis en vente au profit des pauvres, sur la place de Jéricho, des joueurs de violes et d' accordéons à 10 h. Une demi-heure plus tard, concours d' accordéons et de violes. L' après-midi, le cortège devait se former à 13h 30 au pont Holdois et s' ébranler à quatorze heures. L' itinéraire passait par la Grand' Route, où avait pris place le jury, la rue de la station, la rue Grande, puis les artères suivantes: Rue du marché, du Grand-pont, de la poste, de la station, places de la gare et de Jéricho, où l'on prévoyait un repos d'une demi-heure. Le trajet reprenait ensuite par les rues de Jéricho, Monclaire, des préelles, des Houillières, puis, nouveau passage devant le jury à la Grand'Route, les rues Neuve, du Fort-Mahon, des Veuves, avec un arrêt de dix minutes avant de gagner la rue des Croix, la rue de Cuesmes, de défiler devant le jury pour le rondeau final via les rues Grande, de la station, et la Grand'Route. »



Alain Audin