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« Les
affaires » : « des actes isolés inacceptables » ?
C’est ainsi qu’a qualifié les dernières et nombreuses «
affaires » du PS le « Grand Communicateur » et Président du
PS lors de son congrès préparatoire aux élections communales
et provinciales du 8 octobre 2006.
En outre, il a concomitamment habilement « suspecté » les
libéraux tant du nord que du sud du pays de vouloir
s’attaquer au pouvoir d’achat des citoyens ( ?)
C’est du « Grand Art de la Communication », c’est vouloir
faire croire en relançant régulièrement un « combat »
dépassé : Gauche / Droite, que le « bon Peuple » doit
oublier ces « actes isolés » (sic), « ces accidents
individuels » pour se rallier à un Parti qui constitue «
l’avant-garde éclairée du Peuple », « avant-garde » qui ne
vise que le « bien commun » à l’opposé des Libéraux qui eux
veulent sciemment appauvrir le Peuple !
En outre en s’insurgeant contre ces « actes isolés » (sic)
de mandataires du parti dont il est pourtant le Président,
ce dernier se déresponsabilise et apparaît tel
Saint-Georges, comme un « Grand Chevalier blanc ».
Mais cela correspond-il à la réalité ?
Les « affaires », constituent-elles vraiment des « actes
isolés » (sic) ?
Historiquement le PS s’est rapidement constitué sur base
d’une « pilarisation » de la société, ce néologisme belge
qui est la traduction du flamand « verzuiling », se dit du
fonctionnement par « piliers » de la vie politique, sociale
et culturelle sur base d’un conglomérat vertical : parti,
syndicat, organisations associatives…
Le pilier est massif, à l’intérieur de ce dernier, reste
tout un monde sociologique particulier qui s’organise, où
les individus se structurent et s’institutionnalisent.
Ce monde sociologique, constitue un facteur de stabilité
électorale : l’on peut constater que « les affaires » ne
provoquent jamais de raz-de-marée électoraux et finalement
n’ont qu’une influence relative sur les votes.
« Le pilier » sécrète des opinions, des normes, un esprit de
castes et fait en sorte que toute une catégorie de
personnes, notamment toute une « clientèle » — qui se croit
dépendante du parti — vit avec des œillères dans « ce monde
» où « Solidarité » se confond parfois avec « Complicité ».
Ne voit-on pas à Charleroi une partie du bon peuple huer
celui qui dénonce « les abus de biens sociaux » commis par
des mandataires PS et applaudir ces derniers ?
Ne voit-on pas à Mons les ouvriers d’une société de
logements sociaux soutenir « leur » Commissaire du
Gouvernement qui s’est attribué en quelques mois un
traitement hors norme équivalent à plusieurs années de leurs
salaires ?
« Les affaires » PS, apparaissent et réapparaissent
régulièrement, elles n’ont rien « d’actes isolés » (sic),
elles sont culturellement inhérentes à un système qui a bien
du mal à se renouveler et à extirper ce qui est ancré dans
mentalités!
Les abus commis sont constants, souvent connus et beaucoup
de longue date, mais ils sont tus et ne seront dénoncés
qu’épisodiquement, lorsque les circonstances s’y prêtent ;
souvent lorsqu’une goutte d’eau a fait déborder le vase et
provoque un effet domino.
En outre, en particulier dans les Régions où le parti règne
depuis des lustres, un autre phénomène sociologique est
omniprésent parmi certains « responsables », c’est le fameux
phénomène « d’estompement de la norme ».
Ces « responsables » intègrent une morale particulière de
Groupe et perdent de vue la norme sociale.
« Est bien, ce qui est dans l’intérêt du parti, car le parti
c’est la seule voix à suivre et après tout, nous qui sommes
au service du Peuple et surtout savons mieux que quiconque
ce qui est bien pour lui, nous méritons bien ce que nous lui
prenons, d’ailleurs ne nous remercie-t-il pas… ? »
N’a-t-on pas vu des mandataires de Charleroi se servir au
détriment des plus pauvres en justifiant qu’ils l’avaient
bien mérité, eux qui faisaient tant pour les plus démunis ?
Bernard Beugnies
« Maître en Management Public » (Business School / Solvay)
« Licencié en sciences Politiques et Administratives »
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